Bleus : Rami, Payet, le jeu… les 3 questions qui fâchent

L’Equipe de France s’est imposée sur le Cameroun (3-2) lundi soir. Après les enseignements de la rencontre, voici l’heure des trois questions qui fâchent. Adil Rami, Dimitri Payet et l’animation offensive des Bleus sont au programme.

 

 

Adil Rami est-il passé à côté de son match ?

 

 

Compte tenu la prestation collective d’ensemble, il est difficile de taper uniquement sur Adil Rami. D’autant plus que ce dernier a des circonstances atténuantes. En premier lieu, il a terminé sa saison bien plus tard que l’ensemble des vingt-et-un autres joueurs présents (en attendant Antoine Griezmann), en raison de la finale de l’Europa League et de la Supercoupe d’Espagne… Autrement dit, il n’a eu aucun jours de repos entre la fin de sa saison en club et son appel en sélection.

Deuxièmement, il n’a pas effectué la première partie de la préparation avec l’Equipe de France. Ce qui signifie, qu’en plus de ne pas avoir soufflé, il n’arrivait pas dans les mêmes dispositions physiques que ses coéquipiers. Troisièmement, rappelé à la dernière minute après trois ans d’absence, le Sévillan n’avait aucun repère avec Laurent Koscielny.

Ces quatre-vingt dix minutes face au Cameroun ont servi de test… et il est difficile d’affirmer que les principales failles défensives des Bleus, hormis sur le deuxième but camerounais, proviennent véritablement de la charnière centrale. Sur son couloir gauche, Patrice Evra a été à la ramasse tout au long de la rencontre. De l’autre côté, Bacary Sagna – propre dans ses tâches défensives – a trop rarement compensé les déséquilibres d’une défense qui prenait l’eau à l’opposé.

Autre raison de ce manque d’assurance, un milieu de terrain inexistant. Lassana Diarra n’a jamais été en mesure de dicter le rythme dans cette rencontre, tandis que Paul Pogba et Blaise Matuidi – qui se sont souvent projetés vers l’avant – ont par moment complètement oublié de donner un coup de main dans les tâches défensives. Ce n’est d’ailleurs pas un hasard si Patrice Evra a si souvent été livré à lui-même dans son couloir gauche, où Blaise Matuidi occupe en principe le rôle de premier rideau défensif.

En résumé, Adil Rami n’a pas livré un match exceptionnel mais, en tenant compte du contexte, il pouvait difficilement proposer autre chose. Il ne s’agit donc pas d’un match raté par le défenseur mais d’un match de peaufinage durant lequel il a été assez correct jusqu’à la fameuse 88e minute.

 

 

Dimitri Payet a-t-il gagné sa place dans le onze type ?

 

 

Un renversement de jeu décisif sur le premier but, deux balles de but ‘gâchées’ par ses coéquipiers et un sublime coup-franc décisif qui donne la victoire dans les arrêts de jeu… Dimitri Payet a tout simplement ébloui à lui seul la rencontre sur le plan offensif, en compagnie de Kingsley Coman (jusqu’à sa sortie).

Si le niveau de l’ancien Marseillais n’est donc pas à remettre en cause sur cette partie, ni même sur les deux précédentes du mois de mars qui plus est, c’est davantage le système de jeu dicté par Didier Deschamps qui pose problème. Avec un 4-3-3, le sélectionneur par sur l’idée que qu’il n’y a pas la place pour un meneur de jeu dans cette équipe… c’est pourtant bel et bien dans l’axe du terrain que Dimitri Payet a fait la très grande majorité – pour ne pas dire la totalité – de ses différences lundi soir, au contraire d’un Kingsley Coman qui s’est surtout joué des défenseurs adverses sur les couloirs.

Cette place d’électron libre en faux ‘numéro 10’, qui sert de relaie entre milieu de terrain et l’attaque, est cependant d’ores et déjà réservée à Antoine Griezmann. En clair, Payet est en concurrence avec Griezmann… et à choisir entre les deux joueurs, il n’y a pas vraiment match à l’heure actuelle.

La possibilité de voir les deux joueurs alignés ensemble est pourtant concevable. Il faudrait néanmoins qu’Antoine Griezmann occupe la place de ‘numéro 9’, où il est nettement moins à son avantage, ou que Didier Deschamps passe dans un système en 4-3-2-1, où Payet et Griezmann seraient en soutien de Giroud. Le risque serait cependant que les offensives viennent s’empaler dans l’axe du terrain si les latéraux n’apportent pas suffisamment de soutien par les côtés… comme c’est aujourd’hui le cas avec Evra et Sagna, qui montent trop rarement pour apporter des solutions.

 

 

Le manque d’animation offensive est-il inquiétant ?

 

 

Préoccupant, oui… inquiétant, pas encore. Il est toutefois évident que les Bleus, hormis sur quelques séquences en deuxième période, n’ont jamais semblé en mesure d’imposer leur rythme à l’adversaire. Le milieu de terrain n’a pas pesé, les latéraux n’ont pratiquement pas offert de décalages… La majeure partie de cette rencontre se résume à des exploits individuels. Ce sont d’ailleurs trois exploits individuels qui amènent les trois buts.  Les motifs d’espoirs sont cependant nombreux concernant cette fameuse animation offensive.

Tout d’abord, Antoine Griezmann manquait au rendez-vous… et cela compte énormément. Depuis l’automne, il est le véritable chef d’orchestre de l’attaque des Bleus et sert de liant entre le milieu de terrain et l’attaque. Son absence a longtemps pesé lors de ce match face au Cameroun. Une grande partie de cette rencontre s’est d’ailleurs résumée à de longs ballons sur Olivier Giroud ou Kingsley Coman… sans passer par une construction balle à terre entre les lignes.

Deuxième motif d’espoir, l’apport de Ngolo Kanté au milieu de terrain. Souvent impérial ces derniers mois, Lassana Diarra a semblé éteint lundi soir. Alors qu’il est supposé être la rampe de lancement de l’attaque, ce dernier n’a jamais été en mesure d’imposer le jeu de l’Equipe de France à l’adversaire durant ses quarante-cinq minutes passées sur le terrain. L’entrée en jeu de Ngolo Kanté à la pause a permis de retrouver des séquences de possession, de changements de rythme ou encore de jeu en première intention lors du deuxième acte.

Le dernier motif d’espoir réside dans le fait que les jambes étaient certainement lourdes pour ce premier rendez-vous de préparation. Après une dizaine de jours passés à se parfaire physiquement, les organismes n’ont peut-être pas suffisamment récupéré pour livrer un match conforme collectivement. Ce sont ainsi les joueurs dont les jambes étaient les plus légères qui ont donné l’impulsion de manière individuelle. Les quatre jours de cassure jusqu’au prochain match devraient ainsi permettre de voir une véritable équipe face à l’Ecosse. Sinon, il sera véritablement temps de s’inquiéter…

 

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