C1 : Bayern – Atletico, les enseignements de la rencontre

Le Bayern Munich recevait l’Atletico Madrid ce mardi soir en demi-finale retour de la Ligue des Champions. Battus 0-1 du côté de Calderon à l’aller, les Bavarois devaient à tout prix l’emporter par au moins deux buts d’écart pour se qualifier directement… ou sur un score de 1-0 pour espérer arracher une qualification à l’issue d’une séance de tirs au but.

 

Un premier acte totalement à l’avantage du Bayern

 

Contrairement au match aller, l’Atletico Madrid se fait bousculer d’entrée de jeu. Le Bayern Munich fait le jeu. Bien plus que la possession de balle stérile vue et revue du côté de Calderon, les Munichois mettent de l’intensité, de la vitesse et de la percussion. Omniprésents à l’impact et dans les duels, les hommes de Pep Guardiola ont également la maitrise dans les seconds ballons. Un élément qui leur permet de maintenir un pressing haut dans la partie de terrain adverse.

En dépit de ce volontarisme affiché, le Bayern Munich fait cependant preuve d’un important déchet technique, sans doute par précipitation en raison de l’enjeu et de ce but à remonter. Durant plus d’une demi-heure, les plus grosses occasions bavaroises resteront donc des frappes lointaines.

L’étau se resserre toutefois pour l’Atletico Madrid, souvent pris de vitesse par les renversements de jeu adverses et les différences effectuées dans les couloirs par Franck Ribéry et Douglas Costa, bien aidés par les dédoublements de David Alaba et Philipp Lahm, qui jouait au poste de milieu droit dans ce 3-4-3 de départ. A souligner également la forte capacité d’adaptation de Thomas Müller, aussi efficace dans l’axe en soutien de Robert Lewandowski que sur les côtés pour apporter le surnombre.

Prenant de l’ampleur au fil des minutes, cette mayonnaise permet au Bayern de se créer de sérieuses situations à défaut de grosses occasions. Tout ce travail de sape finit par payer sur un coup-franc aux vingt mètres de Xavi Alonso (31e), dévié par Gimenez. Dans la foulée, Javi Martinez obtient un penalty suite à un accrochage de ce même Gimenez. Chargé d’exécuter la sentence, Thomas Müller (35e) voit sa tentative repoussée par Jan Oblak.

 

Une maitrise retrouvée pour l’Atletico

 

Dés lors l’Atletico Madrid se remet à croire en sa bonne étoile. Inexistants pendant plus d’une demi-heure et toujours sur le fil, les Colchoneros réussissent à gagner la bataille du milieu de terrain sans pour autant se montrer menaçant offensivement.

Le second acte va toutefois totalement changé la physionomie de cette double confrontation. Diego Simeone passe en 4-3-3 dés le retour des vestiaires en faisant entrer Ferreira Carrasco en lieu et place d’Augusto Fernandez. Le but est alors de mieux ressortir le ballon en contre en ajoutant une touche technique et de la vitesse dans la projection. L’international belge occupe ainsi le couloir gauche de l’attaque, ce qui fait redescendre Koke dans l’entrejeu. Fernando Torres revient quant à lui dans l’axe du trident offensif tandis qu’Antoine Griezmann se charge du flanc droit.

Les premiers effets de ce changement tactique sont immédiats. Plus juste techniquement, l’Atletico Madrid parvient enfin à se montrer dans les phases de transitions et, par conséquent, à soulager la défense grâce à un équilibre des forces dans la bataille du milieu de terrain. Preuve de cet élan retrouvé, les Madrilènes vont égaliser sur leur première véritable occasion de la partie. Au terme d’un contre de quatre-vingt mètres, remontés en quatre passes dont un relai entre Antoine Griezmann et Fernando Torres au niveau de la ligne médiane, l’international français est idéalement lancé dans la profondeur et ne se fait pas prier pour venir battre Manuel Neuer (54e).

 

Une fin de match équilibrée

 

Avec ce but encaissé, le Bayern Munich doit à présent marquer à deux reprises pour rallier San Siro. Une tâche qui s’annonce impossible tant les locaux ont du mal à repartir de l’avant. Comme à l’aller, c’est en effet une possession stérile bavaroise qui se met en place. Pep Guardiola, qui a fait passé son équipe dans un 3-3-4 en réponse à Diego Simeone, fait alors sortir Douglas Costa – beaucoup moins à son aise depuis la reprise – au profit de Kingley Coman (72e).

A l’issue d’un renversement de jeu, et d’un changement de rythme, les Munichois reprennent l’avantage sur une sublime action construite sur de l’envie. Au départ, Coman écope d’un ballon côté droit. Le jeu est renversé sur la flanc gauche. David Alaba centre et trouve la tête d’Arturo Vidal, qui s’arrache pour remiser sur Robert Lewandowski (74e) en prenant le meilleur sur Filipe Luis. Idéalement servi, l’international polonais ne se manque pas et relance les Allemands.

Sur le dernier quart d’heure, Madrilènes et Bavarois auront l’occasion de faire définitivement pencher la balance en leur faveur. La plus grosse sera pour les visiteurs, qui hériteront d’un penalty en raison d’une faute de Javi Martinez sur Fernando Torres (83e)… légèrement à l’extérieur de la surface de réparation. A l’instar de Jan Oblak au cours du premier acte, Manuel Neuer repousse cette tentative de l’Espagnol, en charge de cette mission en raison de la sortie de Griezmann quelques minutes auparavant.

Il reste alors dix grosses minutes au Bayern pour aller mettre ce troisième but synonyme de qualification. Malgré de grosses situations, plus que de réelles occasions hormis une frappe déviée de David Alaba difficilement repoussée par Oblak, les Allemands semblent incapables de faire craquer l’Atletico Madrid… qui se charge de casser le rythme au cours des dix dernière minutes, notamment par l’intermédiaire de Diego Simeone et son refus de rendre la ballon rapidement à l’adversaire.

 

Une qualification légitime

 

2-1 score final, l’Atletico Madrid se hisse pour la troisième fois de son histoire en finale de la Ligue des Champions au terme d’une double confrontation rondement menée, aussi bien dans l’action à l’aller que dans la réaction au retour. Le Bayern Munich s’arrête pour sa part au stade des demi-finales pour la troisième fois de rang… la dernière sous l’ère Guardiola.

 

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