#CDLR / Débat : EURO 2016, la France fait-elle encore partie des favoris ?

Pour ce nouveau Clash de la Rédaction, Tribune Sports se penche à nouveau sur le cas de l’équipe de France. Logiquement placés parmi les favoris avant ‘leur’ EURO 2016 à domicile, les Bleus ont remporté leurs deux premiers matchs dans cette compétition… non sans peine. L’objet du débat est donc le suivant : « La France fait-elle encore partie des favoris après ses débuts poussifs dans cet EURO ? »

 

 

 

France, de possible favorite à outsider en puissance

 

 » ‘Le plus important c’est la victoire’, ‘la confiance vient en gagnant’… les expressions visant à rassurer les supporteurs de l’équipe de France ne manquent pas en cette période de doute. Avant la compétition, ces fameux doutes se portaient uniquement sur la défense axiale. Après le forfait sur blessure de Lassana Diarra, la question était par la suite de savoir si Ngolo Kanté avait les épaules pour remplacer le Marseillais au pied levé. Si les réponses, plus ou moins satisfaisantes, se sont relayées au fil des rencontres, de nouveaux problèmes ont pris le relais depuis le début de cet EURO 2016.

Jusqu’à présent satisfaisante, c’est désormais l’animation offensive des Bleus qui est pointée du doigt. Déjà inquiétante, la délicate entrée en lice face à la Roumanie pouvait encore se justifier par la nécessité d’évacuer la pression d’évoluer à domicile. Audible ou non, cette thèse était largement défendable. Après tout, l’Allemagne avait également eu du mal à rentrer dans sa Coupe du Monde en 2006 (malgré sa victoire 4-2 face au Costa Rica). Là, le doute commence sérieusement à s’immiscer depuis mercredi.

Certes, l’Albanie n’a pas cherché à se projeter vers l’avant face aux Bleus… mais est-ce normal que les hommes de Didier Deschamps se soient procuré aussi peu d’occasions avant le dernier quart d’heure ? Est-ce normal, pour un favori légitime, d’attendre la dernière minute du temps réglementaire pour cadrer sa première frappe de la partie ?

Les plus optimistes diront que l’Espagne a également eu du mal à l’emporter devant la République Tchèque avec un but de Piqué dans les derniers instants de la rencontre… Mais la comparaison s’arrête là. Dans le jeu, les Espagnols se sont créé une bonne dizaine d’occasions franches tout au long du match avant de trouver la faille. Une dizaine d’occasions franches … c’est à peine ce que les Bleus ont dû se procurer en l’espace de deux rencontres.

Aujourd’hui, les incertitudes sont donc encore nombreuses. Les problèmes défensifs, notamment sur coups de pied arrêtés, sont toujours palpables ; le flanc gauche de Patrice Evra prend l’eau ; le repli défensif des attaquants latéraux est quasi inexistant ; le milieu de terrain – malgré les bonnes prestations de Ngolo Kanté – n’assure que trop rarement le liant avec l’attaque ; le bloc collectif est trop friable autant offensivement que défensivement… Bref, en deux rencontres devant des nations dites mineures du football, la France n’a réglé aucun problème et s’en est même créé de nouveaux.

Toutes ces difficultés mises bout à bout ne sont pas sans rappeler celles du Brésil en 2014. Comme le Brésil en 2014, les Bleus arrachent des succès poussifs. Comme le Brésil en 2014, les Bleus n’ont aucune stabilité au milieu de terrain. Comme le Brésil en 2014, les Bleus se reposent sur les exploits d’un seul joueur sur le front de l’attaque pour faire les différences (Neymar contre Payet)… et comme le Brésil en 2014, les Bleus pourraient affronter l’Allemagne en demi-finale de cet EURO 2016.

Si personne ne souhaite bien entendu la même fin à nos Bleus qu’aux Brésiliens, force est de constater que l’écart entre les vrais favoris de la compétition et l’équipe de France commence à sauter aux yeux au gré des prestations. A moins de réaliser un parcours identique à celui de la Coupe du Monde 2006, où les rencontres à élimination directe avaient été gérées à la perfection contrairement à un premier tour poussif, la France pourrait bel et bien se satisfaire d’une élimination en demi-finale contre l’Allemagne… comme un banal outsider. »

 

 

 

La France, un statut de favori malgré tout

 

 

« Si les prestations n’ont pas franchement été des plus enthousiasmantes, les Bleus de France ont débuté leur Euro avec deux victoires en autant de rencontres, face à la Roumanie vendredi soir et l’Albanie ce mercredi.

Alors certes, face à des équipes supposées plus faibles qu’elle sur le papier, l’équipe de France se doit de montrer un bien meilleur visage, notamment devant le but adverse. Mais, grâce à ses deux succès, elle est d’ores et déjà qualifiée pour les huitièmes de finale. Et c’est bien ça l’essentiel.

Car les hommes de Didier Deschamps ne vont que progresser et monter en puissance au fil de cet Euro, une fois l’émotion des premières rencontres passée. « On sait qu’on peut faire beaucoup mieux, prendre davantage le jeu à notre compte mais on a bien réagi en deuxième période », expliquait notamment Bacary Sagna à l’issue de la partie mercredi soir.

Vous l’aurez compris, les motifs d’espoir sont nombreux. Tout d’abord, les Français possèdent de véritables individualités, qui peuvent faire la différence (presque) à tout moment lorsque le collectif se retrouve embourbé dans la défense adverse. On pense ici notamment à Dimitri Payet, encore décisif mercredi soir face à l’Albanie après sa très bonne prestation lors du match d’ouverture.
Deuxièmement, il n’y a pas que la France qui n’a pas franchement emballé les observateurs et l’opinion publique lors des premiers matchs de cet Euro. Regardez donc la Belgique, surprise d’entrée par l’Italie, ou le Portugal, incapable de prendre le dessus sur l’Islande, même si, il faut bien l’avouer, les Portugais ont su se créer plus d’occasions franches que les Bleus. Il n’empêche que la majorité des nations majeures est encore « en rodage ». Sans compter que les Français peuvent s’appuyer sur un vrai groupe, avec des solutions de rechange pour le sélectionneur national. « On a toujours dit qu’on gagnerait à 23. Ce soir, on en a la preuve puisque les remplaçants ont fait la différence », juge Sagna. Un avis partagé par Didier Deschamps. « Les joueurs entrés en cours de match ont fait la différence. C’est très important car c’était déjà le cas contre la Roumanie. »

Les statistiques prêtent aussi à un certain optimisme (certes mesuré mais un optimisme quand même). Ainsi, si on revient 6 ans en arrière lors de la Coupe du monde 2010, l’Espagne avait commencé sa compétition par une défaite face à la Suisse (0-1), avant de s’imposer par la suite sur la plus petite des marges (1-0) lors des huitièmes, des quarts, des demies… et de la finale. Être sacrés champions en gagnant toutes leurs rencontres par un but d’écart ? Les Français signeraient immédiatement. »

 

 

Par Eitel Mabouong et Nicolas Breton

 

 

One thought on “#CDLR / Débat : EURO 2016, la France fait-elle encore partie des favoris ?

  • 17 juin 2016 at 8 h 22 min
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    Suffit de regarder les matchs de l’Allemagne dans cette coupe du monde pour ne plus en avoir peur.

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