#CDLR / Débat : France – Islande, Kanté et Rami vont-ils manquer aux Bleus ?

En cette période d’EURO 2016, ce nouveau Clash de la Rédaction traite logiquement de l’équipe de France. Qualifiés au terme d’un match à deux visages devant l’Irlande, les Bleus seront privés de Ngolo Kanté et Adil Rami dimanche soir face à l’Islande, en 1/4 de finale de la compétition. Le débat est donc le suivant : « ces suspensions sont-elles vraiment un coup dur pour l’équipe de France ? »

 

 

Non, en raison du statut des absents

 

 

« Pour le quart de finale face à l’Islande dimanche prochain, l’équipe de France devra donc se passer d’Adil Rami et de NGolo Kanté, suspendus. Des absences loin d’être pénalisantes pour l’équipe de France, contrairement à ce qui peut se dire ici ou là.

S’il est devenu un titulaire en puissance depuis le début de cet Euro, Kanté (7 sélections) n’est pas pour autant un cadre des Bleus. En ce sens, son absence est beaucoup moins handicapante que celle d’un Pogba ou d’un Payet par exemple (même si les postes ne sont pas les mêmes bien évidemment). Sans compter que les solutions ne manquent pas pour suppléer le joueur de Leicester. Auparavant titulaire indiscutable, Yohan Cabaye (47 sélections) pourrait par exemple parfaitement faire l’affaire, lui qui a été très bon contre la Suisse lors du dernier match de la phase de poules à Lille. « L’important c’est d’être prêt quand le sélectionneur fait appel à moi, expliquait d’ailleurs Cabaye à l’issue du match nul face à la Nati. Mon but est de lui montrer qu’il peut compter sur moi. C’est parfois délicat d’être sur le banc et de ne pas rentrer. Mais il faut faire attention aux états d’âmes, il ne faut pas qu’ils prennent le dessus sur l’esprit collectif. »

Autre élément à prendre en compte : lors de la prestation « séduisante » des Bleus en seconde période face à l’Eire dimanche, Kanté n’était pas là, ayant été remplacé par Coman pour apporter du danger devant. C’est donc sans le milieu de terrain que les hommes de Didier Deschamps ont renversé la situation au Parc OL. Le sélectionneur national pourrait donc aligner un 4-2-3-1, avec Paul Pogba et Blaise Matuidi devant la défense, face à l’Islande.

En défense, la situation est semblable, Adil Rami étant en effet tout sauf irremplaçable, lui qui est loin d’avoir fait l’unanimité depuis le début de la compétition.

Dimanche, il est d’ailleurs fautif sur l’action qui amène le penalty des Irlandais en début de match. « Il a fait preuve de fébrilité technique. Je ne vais pas tout lui mettre sur le dos en première période mais, si la faute est collective, Rami s’est mis dans les plus mauvaises conditions en glissant sur l’action du penalty, regrettait Alain Roche lundi dans les colonnes de L’Équipe. Tu le sentais déjà stressé dans le couloir. Ça a perturbé tout son match, dans sa communication, ses relances… Il a eu une gestuelle très particulière. (…) Quand tu te fais bouffer dans les duels, même aériens, et sur les touches longues, et que tu prends un jaune (44e), l’entraîneur se pose des questions. »

Il sera donc difficile de faire pire pour Samuel Umtiti, appelé à débuter le quart de finale dimanche soir, le joueur de l’Olympique Lyonnais possédant qui plus est une meilleure qualité de relance que Rami. « Avec Raphaël Varane, il est le meilleur relanceur parmi les défenseurs centraux, estime Garde, son ancien entraîneur à Lyon. Peu de joueurs sont capables de ressortir le ballon de derrière comme il le fait. L’équipe de France sort d’un match dans lequel sa défense n’a pas été très à l’aise. Il n’a pas grand-chose à perdre. » Si même Rémi Garde le dit… »

 

 

 

Non, en raison du style de l’adversaire

 

 

« Il faut être honnête, affronter une nation novice telle que l’Islande en 1/4 de finale de la compétition est un véritable cadeau ! Quand on voit que le Portugal prendra la Pologne et l’Italie défiera l’Allemagne, mais également que l’adversaire des Bleus pouvait aussi être l’Angleterre… force est de constater que la France s’en tire très bien. Pas forcément au niveau du nom de cet adversaire, qui ne pèse pas lourd dans le gotha du football, mais surtout en raison de son style de jeu.

On l’a vu contre l’Angleterre, l’Islande n’a rien de foudre de guerre en ce qui concerne son style de jeu. Préférant laisser le ballon à l’adversaire, les Islandais ne se jetteront pas à l’assaut du but adverse… mis à part dans les dernières minutes si la qualification est encore jouable. Face à une équipe regroupée, jouant bas et quasi exclusivement en contre, les pertes d’éléments au milieu de terrain et en charnière centrale ne sont pas vraiment les plus préoccupantes. Après tout, ce ne sont pas ces deux absences qui empêcheront les Bleus de de projeter sur les cages adverses.

Si ce n’est Dimitri Payet, Antoine Griezmann, Laurent Koscielny ou Hugo Lloris, personne n’est véritablement indispensable dans le onze de départ de Didier Deschamps. C’est d’ailleurs sans Ngolo Kanté que la France a disputé sa meilleure mi-temps depuis le début de cet EURO 2016 dimanche dernier face à l’Irlande… dans un contexte extrêmement favorable il ne faut pas l’oublier. Devant une équipe joueuse et plus portée vers l’avant, comme l’Angleterre, l’absence de Ngolo Kanté aurait en effet pu s’avérer préoccupante dans l’entre-jeu pour couper les liaisons entre les lignes. Devant des Islandais préférant axer leurs remontées de balles sur les côtés et par le biais de longs ballons dans l’axe du terrain, la suspension du pensionnaire de Leicester City n’aura vraisemblablement aucun impact dans l’aspect défensif, puisque le style préférentiel de l’adversaire ne passe que trop rarement par son secteur de jeu.

Concernant Adil Rami, peut-on vraiment parler de manque lorsqu’on voit son niveau de jeu affiché sur ses premiers matchs ? Souvent coupable d’erreurs dans les duels, le défenseur n’est par ailleurs pas le relanceur idéal… dans une équipe qui manque pourtant cruellement de rythme dans ses offensives pour maintenir l’adversaire sous pression. Devant une Islande a priori regroupée dans ses trente derniers mètres, et uniquement menaçante en contres, sur ses longues touches ou par l’intermédiaire des coups de pieds arrêtés, la présence d’un Samuel Umtiti ou un Eliaquim Mangala devrait s’avérer suffisante. Plus que par ses propres forces, c’est donc le plan de bataille de l’adversaire qui rend ces absences peu conséquentes. »

 

 

Avec Nicolas Breton et Eitel Mabouong

 

 

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