#CDLR / Débat : Rami dans les 23, Umtiti doit-il se sentir lésé ?

A moins de quinze jours du début de l’Euro, Didier Deschamps a décidé de remplacer Raphaël Varane (blessé) par Adil Rami pour intégrer la liste des vingt-trois, quand bien même Samuel Umtiti faisait préalablement partie d’un groupe de huit réservistes… au contraire de l’ex-Lillois. L’objet du débat est donc le suivant : Doublé dans la hiérarchie par Adil Rami, Samuel Umtiti doit-il se sentir lésé par ce choix du sélectionneur ?

 

Rami plutôt qu’Umtiti, des réservistes inutiles ?

 

« Lorsqu’il avait dévoilé sa liste il y a deux semaines, Didier Deschamps avait le plus logiquement du monde justifié son choix de convoquer 8 réservistes amenés à préparer dans un premier temps ce championnat d’Europe : « Une quinzaine de joueurs vont être concernés par des coupes nationales qui se jouent le 21-22 mai plus la finale de la C1. J’ai voulu parer à toute éventualité. Avec Umtiti et Sidibé je couvre les quatre postes. J’ai trois joueurs offensifs au cas où ». Et, sur les cas plus précis de Samuel Umtiti et Djibril Sidibé, Deschamps évoquait alors des joueurs « au potentiel international ». Quel dommage alors de ne pas leur faire confiance et de tenir en conférence de presse des discours de circonstance…

D’autant que, quand il évoquait le fait « de parer à toutes les éventualités », DD ne faisait-il pas référence ici à ce qu’un joueur réserviste intègre les 23 en cas de blessure ? Si ce n’est pas le cas, difficile de saisir la réelle utilité de convoquer huit joueurs en plus… Et, pire, quel message fait-il passer auprès des réservistes en prenant la décision de propulser Rami directement dans les 23 ?

Si le sélectionneur national a certainement de très bonnes raisons d’avoir convoqué le joueur de Seville, Umtiti a également de quoi être déçu et frustré, lui qui a réalisé une très bonne saison (30 titularisations) sous les couleurs de l’Olympique Lyonnais, s’imposant comme le taulier de la défense lors des débuts compliqués de Mapou Yanga-Mbiwa.

Ce mercredi en conférence de presse, Deschamps n’a d’ailleurs pas cherché à fuir la réalité. « Je comprends qu’il puisse être déçu. Mais ce n’est pas un manque de confiance en lui. C’est une situation extrême et compliquée. J’ai fait un choix. » Espérons que celui-ci soit le bon, car l’ancien entraîneur de la Juventus serait inexorablement sous le feu des critiques si tout venait à ne pas se passer comme prévu, lui qui s’est déjà passé de Benzema et qui a préféré de ne sélectionner dans les 23 Hatem Ben Arfa.

Il y a un peu moins d’une semaine, lors d’une interview accordée à Canal+, Umtiti déclarait ceci : «Je suis là pour découvrir ce groupe, avoir la chance de faire la même chose que ceux qui vont aller à l’Euro ensuite. Dans ma tête, je suis réserviste, mais je me tiens prêt. Je sais de toute façon qu’à la fin du stage, je rentrerai chez moi ». L’épisode Varane aura-t-il changé sa façon de penser ? Difficile de le savoir pour l’instant… »

 

Rami plutôt qu’Umtiti, comme une évidence

 

« L’adaptation, telle est la qualité première de Didier Deschamps depuis qu’il est à la tête des Bleus.  Après s’être ‘adapté’ à l’affaire Valbuena – Benzema, après s’être ‘adapté’ à la suspension de Mamadou Sakho, après s’être ‘adapté’ aux forfaits de dernière minute Debuchy et Trémoulinas avant la révélation de sa liste des vingt-trois… le sélectionneur de l’Equipe de France a cette fois-ci dû faire face à la blessure de Raphaël Varane en début de semaine.

Devant ce nouveau coup dur, un énième concernant la charnière centrale tricolore, Didier Deschamps a décidé d’appeler Adil Rami à la rescousse. Une solution sortie de nulle part mais qui est loin d’être illogique. En premier lieu parce que l’ancien pensionnaire du LOSC a réalisé une énorme saison du côté du FC Séville, club avec lequel il a notamment remporté l’Europa League il y a sept petits jours. Deuxièmement, le défenseur central a la particularité d’être encore ‘chaud’ en cette fin de saison puisqu’il a stoppé la compétition lundi soir seulement avec son club. Autrement dit, il n’aura pas besoin d’un programme de reprise pour rallier le groupe France.

Bien que ces explications soient audibles, elles n’expliquent pas pourquoi Samuel Umtiti est laissé sur le côté comme un malpropre alors qu’il faisait partie des huit réservistes… quand Adil Rami était encore au rayon des anonymes début mai. Après tout, lui aussi a été performant cette saison avec l’Olympique Lyonnais. Lui aussi n’a pas connu de coupure en cette fin d’exercice puisqu’il a rejoint les Bleus sitôt sa saison terminée avec les Gones. En tenant compte de ces arguments, les deux joueurs sont donc sur un pied d’égalité. C’est justement une affaire de pied qui va les différencier.

Avec Jérémy Mathieu, Eliaquim Mangala et Laurent Koscielny, l’Equipe de France a d’ores et déjà explosé son quota de gauchers parmi les défenseurs centraux aux yeux de Didier Deschamps. L’idée de remplacer un droitier – Raphaël Varane – par un autre droitier, Adil Rami en l’occurrence, est plutôt logique au final. Même s’il assure que l’expérience du haut niveau n’a pas joué dans sa décision de rappeler Adil Rami, après trois ans d’absence chez les Bleus, voir un joueur rodé aux compétitions internationales reste néanmoins un argument de poids en la défaveur de Samuel Umtiti, qui ne compte pas encore la moindre sélection en Equipe de France.

En résumé, si la manière laisse à désirer – avec cette histoire de réservistes délaissés – voir Adil Rami coiffer Samuel Umtiti au poteau est assez compréhensible à l’aube d’une compétition si importante pour le renouveau de l’Equipe de France. »

 

Par Nicolas Breton et Eitel Mabouong

 

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