Décryptage : Ben Arfa au PSG, pourquoi c’était prévisible !

Il vaut mieux prévenir d’entrée de jeu, cet article n’est en aucun cas révélateur d’un quelconque don de voyance ! A travers celui-ci, l’idée est de retracer le feuilleton Hatem Ben Arfa depuis son commencement afin d’expliquer comment, avec un minimum de déduction, il était possible de prévoir une arrivée de l’international français au PSG… bien avant que L’Equipe ne l’annonce dans la journée de mercredi.

 

 

Ben Arfa – PSG, les premières rumeurs dés l’hiver

 

S’il a toujours clamé son amour au Paris Saint-Germain, y compris au cours de ses jeunes années lyonnaises, les déclarations de Hatem Ben Arfa ont véritablement trouvé écho l’hiver dernier. Premièrement parce que le PSG a changé de dimension depuis cette époque lyonnaise, où le club jouait le maintien sous l’ère Colony Capital, mais aussi car le principal intéressé donne enfin la mesure de son talent après une terrible traversée du désert de plusieurs saisons outre-Manche.

Au mois de février, lorsque Hatem Ben Arfa se déclare prêt à rejoindre le PSG ou un club de ce standing, le voir débarquer du côté de la Porte d’Auteuil au mois de juin parait improbable. D’une part, parce que le doute est encore permis autour des capacités d’adaptation du joueur dans un TOP club européen. Deuxièmement, car dans la foulée de cette déclaration, Laurent Blanc laisse clairement entendre qu’il ne souhaite plus travailler avec les joueurs français de la fameuse ‘Génération 1987’ qui passent leur temps à s’excuser… et qu’il na pas su gérer au mieux durant l’EURO 2012, lorsqu’il était encore à la tête de l’équipe de France.

A cela, il faut par ailleurs ajouter deux éléments pour resituer au mieux le contexte du PSG : à cette période, le club vient tout juste d’acter la prolongation de contrat de Laurent Blanc ; et l’affaire Serge Aurier renforce l’idée que ces joueurs de la nouvelle génération sont incontrôlables avec ce coach-là. A ce moment précis, voir Hatem Ben Arfa rallier la capitale est donc tout bonnement impensable.

 

 

L’appel du Barça au printemps

 

L’information parait dans le quotidien L’Equipe courant avril : Hatem Ben Arfa serait ciblé par le FC Barcelone. Une semaine après avoir annoncé Alexandre Lacazette, c’est à présent le joueur de l’OGC Nice qui est dans le viseur du Barça d’après le quotidien.

A ce moment-là, cette piste est crédible à double titre et le PSG ne fait même plus office de prétendant. D’abord car le Barça doit absolument trouver un renfort offensif capable – a minima – de suppléer le trio Messi – Suarez – Neymar sur le front de l’attaque, mais aussi car Hatem Ben Arfa a l’indéniable avantage d’être libre au mois de juin. Une aubaine pour un club comme le FC Barcelone, dont les finances sont surveillées de très près par la ligue espagnole jusqu’à l’été.

 

 

L’avion manqué qui sème les premiers doutes

 

Durant les semaines qui suivent, il devient alors évident que Hatem Ben Arfa ira au FC Barcelone. Début mai, les représentants du joueur se rendent même en Catalogne pour débuter les pourparlers. A une semaine de la fin du championnat, le doute s’immisce. La raison : l’international français aurait manqué un vol à destination de Barcelone à Roissy pour conclure son transfert au Barça selon L’Equipe. Dans la presse catalane, le son de cloche est totalement contradictoire. Mundo Deportivo, puis Sport, assurent en effet que les Blaugranas n’ont tout simplement jamais programmé le moindre rendez-vous avec le joueur.

A un moment où Jean-Michel Aulas reconnait avoir fait une proposition ferme pour son ancienne pépite, trois hypothèses se dégagent de ce ‘rendez-vous’ manqué : soit Hatem Ben Arfa a véritablement raté son vol et son arrivée au Barça est simplement décalée ; soit la proposition lyonnaise a fait réfléchir l’ex-Gone… soit l’intéressé n’a en réalité jamais eu d’offre concrète du Barça et ses agents ont monté cette histoire d’avion manqué pour faire grimper les négociations avec les véritables clubs intéressés.

 

 

FC Séville, OGC Nice, OL et PSG… course à quatre pour HBA

 

A la fin de la saison, la piste FC Barcelone s’amenuise d’elle-même. Le FC Séville, l’Olympique Lyonnais et l’OGC Nice communiquent à tout-va autour de Hatem Ben Arfa, alors réserviste du côté de l’Equipe de France en marge de l’EURO. Le dénouement semble donc attendu pour la fin du mois de mai, au moment où le joueur quittera le rassemblement des Bleus. Loin d’avoir l’intention de régler sa situation au plus vite, l’intéressé préfère au contraire prendre du recul… et des vacances.

Entretemps, l’OGC Nice se fait racheter par un consortium sino-américain, qui se replace sur sur dossier, Jean-Michel Aulas maintient ses offensives publiques, la presse envoie le joueur au FC Séville… tandis que Nasser Al-Khelaïfi sort du bois en clamant ses intentions envers l’attaquant à l’occasion d’un entretien accordé au Parisien. Les jeux sont plus que jamais ouverts… et les pistes brouillées.

 

 

Une longue attente… qui ne laisse plus le doute possible

 

Pendant près de trois semaines, Hatem Ben Arfa est donc envoyé au FC Séville. Pour L’Equipe, l’affaire est d’ores et déjà bouclée, tandis que Nice-Matin assure de son côté que l’affaire est pliée à « 99% ». Dans le même temps, de l’autre côté des Pyrénées, la presse est beaucoup moins optimiste quant à une issue favorable sur ce dossier. Vers la mi-juin, Marca assure en effet que le PSG reste le premier choix du joueur… à un moment où le Paris Saint-Germain scelle le sort de Laurent Blanc – l’homme qui ne voulait plus entendre parler de HBA trois mois plus tôt – et se lance à la poursuite d’Unai Emery… le coach qui avait lancé en amont les négociations sur ce dossier au FC Séville.

En tenant uniquement compte des affirmations de L’Equipe et Nice-Matin, le FC Séville a gagné la partie… Mais en associant les éléments de la presse espagnole, tous laisse penser que Hatem Ben Arfa est loin de s’être décider. La principale interrogation est alors la suivante : comment se fait-il qu’un club qui a l’accord d’un joueur, libre de tout contrat qui plus est, n’arrive pas à le faire signer rapidement ? Avec un minimum de déduction, la réponse est évidente : un autre club a attiré l’attention de Hatem Ben Arfa.

Une nouvelle question est alors sur le tapis : parmi l’Olympique Lyonnais, l’OGC Nice et le Paris Saint-Germain – les autres prétendants affirmés sur ce dossier – quelle formation pourrait demander à l’attaquant de patienter ? L’OL et l’OGC Nice ayant d’ores et déjà transmis leur offre, seul le PSG est en mesure de réclamer un délai supplémentaire… très certainement le temps de conclure la transition entre Laurent Blanc et Unai Emery, et de connaitre l’avis du nouveau coach sur le dossier Ben Arfa.

Jusqu’à mardi matin, excepté une minorité de voix au Parisien, la quasi unanimité de la presse nationale française continue de clamer que le FC Séville va empocher la mise… En Espagne, AS assure au contraire que les Andalous ont perdu la main. Le temps finira par donner raison au quotidien ibérique… vingt-quatre heures plus tard ! Soit le délai nécessaire au Paris Saint-Germain pour introniser Unai Emery et à la presse française pour se pencher sur les pistes franciliennes de ce mercato.

Depuis mercredi après-midi, l’arrivée de Hatem Ben Arfa au Paris Saint-Germain est pratiquement acquise. Il ne manque désormais plus que l’officialisation du club de la capitale, qui devrait intervenir dans les heures qui viennent. Avec la fameuse déduction évoquée au début de cet article, il n’aurait pas fallu attendre si longtemps pour comprendre que cette issue était la plus probable… et cela depuis une bonne quinzaine de jours déjà.

 

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