Billet : « Benzema m’a rendu raciste à mon insu… »

On pensait avoir tout vu et tout entendu dans cette affaire de sextape mais, apparemment, la frontière entre football et racisme est devenue plus étroite qu’on ne le pensait au fil des semaines.

 

Qu’il est loin le temps où chacun était responsable de ses actes ! Après Serge Aurier, qui joue les gros bras (en assurant que son influence va radier trois policiers) avant de se faire passer pour un individu lambda (qui va faire constater ses blessures) quelques heures plus tard, c’est désormais au tour de Karim Benzema d’inverser les rôles.

A l’origine, l’international français avait été écarté en raison de son implication dans l’histoire de la sextape, ainsi que pour le contexte particulier de cette affaire (1). Aujourd’hui, c’est donc parce qu’il s’appelle ‘Karim’ que Benzema n’intègre pas la liste des 23 de Didier Deschamps. Mieux encore, ce serait à cause de la pression populaire, décrite comme raciste par le principal intéressé !

 

 

Benzema, ce modèle d’incompréhension

 

 

Alors que j’endormais l’esprit léger mardi soir, j’ai donc découvert ce mercredi matin que quelque chose avait changé dans ma vie… sans même avoir fait le nécessaire pour que cela arrive, ni même avoir été prévenu auparavant ! A mon réveil ce mercredi matin, je suis donc devenu raciste parce que j’ai trouvé normal – l’hiver dernier – qu’un joueur impliqué dans une sombre affaire soit écarté de l’Equipe de France, elle qui prône pourtant l’exemplarité depuis le désastre de Knysna.

Ne souhaitant pas être le seul à faire les frais de cette accusation gratuite, j’ai donc décidé d’en faire profiter un maximum de personnes avec moi ! J’ai ainsi taxé la boulangère de raciste dans la foulée parce qu’elle avait accepté de vendre le dernier pain au chocolat à un autre client. Client que j’ai d’ailleurs traité de raciste à son tour parce qu’il avait eu l’impertinence de s’être précipité le premier sur le précieux sésame… en plus d’avoir la bonne idée d’être blanc de peau ce mercredi matin !

Et parce qu’un mauvais coup n’arrive jamais seul, j’ai également sorti le même compliment à mon facteur – pourtant plus basané que moi – lorsque je l’ai vu mettre une facture EDF dans ma boîte aux lettres… Comme par hasard, je me vois envoyer des factures en raison de mon origine sociale et certainement ‘raciale’ ! Tout ça au prétexte que j’aurais consommé de l’électricité au cours du mois précédent…. Quelle injustice !

Je remercie donc Karim Benzema ce mercredi pour m’avoir ouvert les yeux sur le terrible monde qui nous entoure, où chacun d’entre nous est supposé être responsable de ses actes. A compter de ce jour, dés que j’aurai un problème découlant de ma responsabilité, j’utiliserai dorénavant la carte ‘Racisme’ pour m’en sortir, au lieu de me prendre bêtement la tête à assumer mes actes… Y compris si cela doit me conduire par la case justice !

Avec un peu de chance, Karim et moi nous retrouverons peut-être au tribunal le même jour afin de plaider notre mauvaise foi… Ensemble ce coup-ci.

 

 

(1) Plus que pour le possible caractère pénal de l’acte en lui-même, c’est avant tout parce que cela s’est passé à Clairefontaine et à l’encontre d’un coéquipier que cette décision a été prise. Lors de l’affaire Zahia en 2010, ni Karim Benzema (finalement absent de la liste finale de Raymond Domenech) ni Franck Ribéry n’avait manqué la Coupe du Monde en raison de leurs soucis judiciaires.

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *