EURO 2016 : France – Roumanie, le décryptage

L’équipe de France affrontait la Roumanie ce vendredi soir en match d’ouverture de l’EURO 2016, avec comme priorité de réussir l’entame de leur compétition. Alors qu’Antoine Griezmann et Paul Pogba étaient attendus au tournant, c’est l’inéluctable Dimitri Payet qui a sorti les Bleus d’un bien mauvais pas.

 

 

45 premières minutes inquiétantes

 

A l’instar du Brésil en 2014 ou de l’Allemagne en 2006, les Bleus connaissent de réelles difficultés dans le jeu en tout début de match. Sérieusement bousculés dans le duel au milieu de terrain, les hommes de Didier Deschamps sont acculés dans leur moitié de terrain en début de match… Et il ne faut pas longtemps pour voir ressurgir les doutes concernant la défense centrale tricolore.

Sur le premier corner roumain de la partie, c’est d’ailleurs l’équipe dans son ensemble qui est à la rue. Sur un ballon dévié au premier poteau, à la suite d’un corner de la gauche vers la droite, le ballon parvient dans les pieds d’un attaquant roumain. Laissé à l’abandon par sa défense, Hugo Lloris (4e) réalise un arrêt miraculeux. Dans la foulée, les mêmes causes produisent les mêmes effets… à la différence près que le corner frapper de la droite vers la gauche ce coup-ci passe de justesse au-dessus du but à la suite d’un duel aérien perdu en plein coeur de la surface.

Sans doute pris par l’enjeu, les Bleus ne parviennent pas à construire. C’est donc par le biais de longs ballons sur les côtés ou de frappes désespérées aux vingt-cinq mètres comme celles d’Antoine Griezmann (10e) ou Paul Pogba (27e). Reprenant la main sur le match au fil des minutes, la France commence peu à peu à se créer des occasions franches notamment sur coups de pied arrêtés par l’intermédiaire de Olivier Giroud (10e et 45e +1).

Quelques solutions viennent également des ailes, où les montées de Bacary Sagna et Patrice Evra apportent un léger plus offensivement. C’est d’ailleurs sur un débordement de Sagna que Griezmann, suite à une boulette de la défense adverse, voit sa tête heurter le poteau (14e). C’est encore de ce côté droit que Dimitri Payet apportera le danger sur un touche rapidement jouée… son centre parfait en retrait sur Antoine Griezmann (36e) ne donnera finalement rien en raison d’une ultime déviation roumaine.

Comme face au Cameroun en préparation, l’équipe de France a littéralement été bouffée d’entrée de jeu et n’a pas été en mesure de répondre autrement que par le biais de longs ballons sur les côtés ou de projection des milieux de terrains, notamment Paul Pogba et Blaise Matuidi. Ngolo Kanté a fait le travail à la récupération… mais comme il y a dix jours, le manque de liant évident entre le milieu de terrain et l’attaque ou encore le manque de vitesse dans la transmission ont été de véritables limites pour les hommes de Didier Deschamps sur ces 45 premières minutes afin de prendre à défaut un bloc roumain parfaitement organisé.

 

 

Un deuxième acte totalement à l’avantage des Bleus

 

L’équipe de France entame le deuxième acte comme elle avait débuté le premier… par une grosse frayeur. Dés la reprise, Stancu est trouvé au second poteau sur un renversement de jeu. Seul au second poteau, l’attaquant frappe du tibia et voit le ballon mourir à côté du but de Hugo Lloris. Il s’agira de l’unique occasion roumaine.

Dans la foulée, les Bleus réussissent enfin à s’installer dans la moitié de terrain adverse. Des phases de possession se mettent enfin en place et Dimitri Payet enchaine rushs sur rushs. C’est d’ailleurs du ‘numéro 8’ que viendront toutes les éclaircies françaises lors de cette deuxième mi-temps. A la suite d’une de ses courses dans la surface de réparation côté gauche, Payet temporise et sert Paul Pogba en retrait. A l’entrée de la surface de réparation, ce dernier but sur le portier adverse. Cette ascendance tactique et physique va néanmoins rapidement payée. A la suite d’une phase de nouvelle phase de possession, Dimitri Payet provoque l’électrochoc sur le côté droit. Son centre millimétré trouve la tête d’Olivier Giroud (58e), qui devance in extremis le gardien roumain.

Alors qu’on pense les Bleus intouchables, tant ils réussissent à imprégner leur rythme sur la rencontre, ces derniers vont toutefois craquer sur une des rares incursions roumaines. Au terme d’un ballon anodin au coeur de la surface de réparation, Patrice Evra est devancé par son vis-à-vis et se voit contraint d’accrocher celui-ci. Penalty logique. Stancu ne se fait pas prier pour égaliser. 1-1, le coup est rude pour l’équipe de France qui avait réellement pris le match à son compte.

Loin d’être démoralisés, les hommes de Didier Deschamps se projettent à nouveau vers l’avant. Antoine Griezmann cède sa place à Kinglsey Coman (66e)… sans qu’il ne parvienne à apporter un véritable plus dans le jeu français. C’est ensuite Anthony Martial qui remplace Paul Pogba (77e). Le déséquilibre est évident dans l’entre-jeu. L’équipe de France se projette essentiellement en contre-attaque en récupérant le ballon bas sur le terrain par l’intermédiaire de Ngolo Kanté et par des actions initiées par Dimitri Payet sur chaque offensive.

Peu à peu, la rencontre semble toutefois échapper aux Bleus… Les attaques initiées sur les côtés ne trouvent en effet aucun relai dans l’axe, tandis que les offensives axiales se heurtent au mur roumain planté aux vingt mètres adverses. Comme face au Cameroun au début de la préparation, comme au début du printemps, la clé va venir de Dimitri Payet. Sur un appui en retrait avec Ngolo Kanté, le meneur de jeu, légèrement excentré sur la droite, loge une frappe magistrale dans la lucarne opposée du portier roumain.

2-1 score final, Dimitri Payet, à l’initiative de tous les bons coups français tout au long de la partie, dans les coups durs comme dans les phases de possession, est incontestablement le grand bonhomme de la rencontre. Tout comme Ngolo Kanté. Pourtant à son avantage durant le premier acte, Paul Pogba s’est éteint dés la reprise, tout comme Antoine Griezmann, présent par intermittence dans cette partie.

Les leaders d’attaque l’ayant pas répondu présent, c’est finalement un homme placardé jusqu’au mois de mars dernier qui sort les hommes de Didier Deschamps d’un bien mauvais pas. La France entame sa phase de poule de la meilleures des façons… en espérant que la montée en puissance entrevue en deuxième mi-temps se poursuivra tout au long de ce tournoi.

 

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