EURO 2016 : Galles – Belgique, le marasme belge en détails

Le pays de Galles et la Belgique s’affrontaient ce vendredi soir du côté du Stade Pierre-Mauroy de Lille. Loin d’être impériaux collectivement devant le début de cet EURO 2016, et très inquiétants défensivement, les Diables Rouges s’en étaient jusqu’alors tirés grâce à leurs individualités et leur force de frappe offensive. Devant le pays de Galles, rien ne laissait présager le pire pour les hommes de Marc Wilmots.

 

 

Entame de match parfaite, retour des vestiaires maitrisé

 

Il faut être honnête : au terme des vingt premières minutes, il était impensable de voir le pays de Galles revenir dans le match. Comme face à l’Irlande et la Hongrie, la Belgique décide d’imprimer le rythme de la rencontre. Dés les premiers instants de la partie, les Belges prennent le meilleur sur leur adversaire, aussi bien physiquement – dans les duels – que techniquement dans les transmissions. Après une première chaude alerte, c’est fort logiquement que Radja Nainggolan (13e) trouve la faille. Un but mérité… qui amorcera paradoxalement la fin de la meilleure phase du match pour les Diables Rouges.

Comme en début de partie, la Belgique revient des vestiaires en mettant le rythme nécessaire pour faire plier les Gallois. L’entrée en jeu de Marouane Fellaini, en lieu et place de Yannick Ferreira Carrasco, permet de rééquilibrer le milieu de terrain et donc d’apporter davantage de soutien vers l’avant. Ce changement stratégique aurait pu être payant si Romelu Lukaku avait réussi à prendre le meilleur sur la charnière centrale adverse sur au moins un de ses deux duels aériens.

 

 

Pressing laxiste pour défense acculée

 

Ces failles avaient été mises en évidence dés le premier match de la Belgique dans cet EURO 2016. Depuis cette rencontre devant l’Italie, à aucun moment les Belges ne seront parvenus à résoudre leurs maux défensifs. S’il est évident que c’est la ligne de quatre de derrière qui est à chaque fois pointée du doigt sur les ralentis, c’est pourtant bel et bien un laxisme général dans le pressing qui conduit à une telle fébrilité défensive.

Preuve en est, à aucun moment on a vu Eden Hazard donner un coup de main à Jordan Lukaku dans le repli défensif. Certes, ce dernier a littéralement été dépassé dans ses duels… mais souvent en position d’infériorité en 1 contre 2, voire en 1 contre 3 sur son côté, difficile de le blâmer. Dans l’axe, Axel Witsel a également été coupable de quelques manques à la récupération du ballon.

Si le flanc droit a parfaitement été verrouillé, toutes les actions dangereuses seront venues du côté gauche… le point faible de la Belgique avec le faux travail défensif de Hazard et Witsel. Les trois buts viennent d’ailleurs de ce côté gauche. L’action précédant le corner qui amène l’égalisation vient de là… tout comme les centres sur les deux réalisations suivantes. Sur le troisième but, il faudra néanmoins noter que Marc Wilmots avait pris tous les risques en passant avec une défense à trois… un déséquilibre (supplémentaire) qui aura donc définitivement eu raison des ambitions belges sur cet EURO 2016.

Au final, la fébrilité défensive de Denayer et Lukaku – soit le flanc gauche de la défense – n’a jamais été compensée par un véritable travail de sape des joueurs à vocation offensive évoluant sur ce même côté.

 

 

Collectif inexistant et faillites individuelles

 

On l’a répété à diverses reprises depuis le début de la compétition : la Belgique ne possède pas de jeu collectif. La leçon tactique de la Squadra Azzurra l’a démontré et, avec davantage de talent offensif, l’Irlande et la Suède aurait pu en faire de même à leur tour en phase de groupe. La victoire devant la Hongrie avait également mis en évidence ce soucis dans le jeu… mais entre temps, les individualités avaient répondu présent. Les fulgurances d’Eden Hazard étaient de retour, au même titre que coups d’éclats de Kevin De Bruyne, les accélérations de Dries Mertens ou les percées au milieu de terrain de Radja Nainggolan et Axel Witsel.

Selon voila, face au pays de Galles, aucune de ces individualités n’a été au rendez-vous. Sur les vingt premières minutes de la rencontre, c’est le collectif belge qui a mis à mal les Gallois. Passé la vingtième minute, ces derniers sont peu à peu revenus dans la partie en reprenant le contrôle au milieu de terrain et sur le côté droit de l’attaque (soit le flanc gauche de la défense)… et ce qui ressemblait à un léger contrecoup physique annonçait en réalité une véritable faillite collective.

A partir de ce moment précis, on a revu les inéluctables traversées individuelles des Diables Rouges, les transmissions trop lentes pour inquiéter l’adversaire. Tellement lentes que par moment, ces joueurs étaient littéralement arrêtés sur le terrain, balle au pied, par manque de solution. En toute fin de match, au moment de jouer le tout pour le tout, afin de revenir à deux buts partout, la longue phase d’occupation de la Belgique n’aura rien donné d’autre que des situations intéressantes… qui ne se seront cependant à aucun moment conclues par une mise en difficulté du portier adverse.

Battue 3-1 ce vendredi soir, la Belgique et sa somme d’individualités sont tout simplement tombées sur une véritable équipe du pays de Galles. Le football étant un sport collectif, lorsque onze solistes défient un collectif bien huilé, ce qui devrait être une surprise devient en réalité une évidence. Surprenante sur le papier, cette qualification galloise n’aura souffert d’aucune contestation dans les faits.

 

 

Le résumé de la rencontre pays de Galles – Belgique

 

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