[Humeur] « Denis Balbir, Unai Emery vous salue bien bas »

Cinq… c’est le nombre de matchs officiels auquel aura eu droit Unai Emery avant de se prendre une vague de critiques. Notamment celles d’un certain Denis Balbir.

 

Pourrons-nous juger le travail d’un entraineur autrement que par le prisme absolu du résultat ? La question mérite d’être posée dans le football hexagonal. On connait en tout cas la position de certains journalistes, et leur avis court-termiste sur la question : seule la victoire est belle ! L’AJ Auxerre de 2011 ou le Montpellier HSC de 2012 pourront en témoigner, eux qui sont passés de la lumière au placard en l’espace de quelques mois.

Bref, toujours est-il que concernant la vision à long terme, ces dits spécialistes auraient besoin d’une longue vue pour comprendre ce qu’est la construction d’un nouveau projet. Comment est-il possible de tirer des conclusions après seulement cinq rencontres, le tout sans qu’un coach ait à sa disposition l’ensemble de son groupe sur cette période.

En amont de la rencontre face au Stade Malherbe de Caen vendredi, Denis Balbir assurait ainsi qu’il n’était pas normal que le PSG ne soit pas premier après… quatre journées de championnat. Un constat synonyme d’échec selon ses propos sur son blog Yahoo : « L’échec (est) déjà de ne pas être au sommet en championnat après 4 journées » confiait-il ainsi.

A Monsieur Balbir, j’aimerais lui poser deux questions. La première, combien de journées de championnat a-t-il fallu au PSG de Laurent Blanc pour prendre la tête de la Ligue 1 en 2013 / 2014 ? La deuxième, avez-vous regardé le début de saison de la Juventus Turin la saison passée ? Autant ne pas faire durer le suspense trop longtemps, dans les deux cas, ces équipes-là n’étaient pas en tête de leur championnat – dont ils sont la locomotive – au bout de quatre petits matchs.

Et pourtant, les couteaux n’étaient pas autant aiguisés qu’aujourd’hui à l’encontre d’Unai Emery… Un coach qui, contrairement à son prédécesseur, semble pourtant faire l’unanimité auprès de son groupe à travers son mode de fonctionnement. Pas sûr qu’un voyage à Las Vegas ne soit en effet dans les tuyaux au mois d’avril, pas plus que des critiques de joueurs dans la presse sur la manière de jouer… ni même un traitement ‘made in fiotte’ sur les réseaux sociaux.

 

La stratégie de l’échec selon Denis

 

En dépit de tous ces exemples, une défaite et deux matchs nuls de rang auront suffi pour commencer à savonner la planche dans un certain type de presse. Ce bon vieux Denis en rajoutait ainsi une couche dans ce même papier, assurant que D’Ornano était devenue une citadelle imprenable pour le PSG… qui n’y avait pourtant plus perdu depuis une décennie. Semblant vouloir appeler au catastrophisme, le journaliste prédisait alors que « l’ancien entraîneur de Séville ne passera pas Noël si les échecs perdurent ». Mais comment peut-on affirmer qu’il y a déjà eu un seul échec au PSG cette saison ? Une défaite devant un Monaco irrésistible et deux nuls surprises au bout de deux rencontres dominées… c’est cela votre échec ?

Faut-il encore parler d’échec dans la gestion concernant les non-convocations de Hatem Ben Arfa ? Les dix-huit meilleurs joueurs sont dans le groupe. Donc oui, c’est peut-être douloureux à entendre pour certaines personnes mais – à l’heure actuelle – Jean-Kevin Augustin et Lucas Moura méritent davantage leur place que l’international français. Car le football, ce n’est pas seulement du talent individuel, c’est aussi la capacité à bonifier son équipe lorsqu’on est sur le terrain. Et même sans être exceptionnels, Lucas Moura ou Jesé Rodriguez apportent bien plus que Hatem Ben Arfa au niveau collectif pour le moment. La dernière sortie de Thomas Meunier ne pourra que le confirmer.

Un échec dans la gestion des gardiens me répondrez-vous alors ? Depuis le départ,Unai Emery assure qu’il fait jouer la concurrence à tous les postes. Jusqu’à preuve du contraire, il n’a jamais affirmé que Kevin Trapp était assuré de conserver sa place de numéro 1… ni même qu’Alphonse Areola était désormais indéboulonnable !

A cette vague de critiques, Unai Emery n’a finalement pas manqué de vous répondre – avec la manière – depuis D’Ornano mon très cher Denis. Sans Ben Arfa et avec Areola dans les buts, n’en déplaise à certains (suivez mon regard), le PSG en a donc passé six sans en encaisser un seul. Alors oui ce n’était que Caen en face ! Mais à entendre vos propos un peu plus tôt cette semaine, on aurait pu croire que le PSG jouait le maintien avec Unai Emery cette saison… après quatre journées et en étant à seulement trois points du leader ! Pire encore, nous étions presque convaincus que le Basque jouait sa tête dés ce weekend… et qu’un retour salvateur de Laurent Blanc était devenu une nécessité absolue…

Une fois n’est pas coutume, un débarquement en Normandie aura donc échoué, étant donné que l’opération ‘licenciement d’Unai Emery’ a été un retentissant échec vendredi soir du côté de Caen…

En attendant votre prochaine sortie opportuniste à l’issue d’une défaite, comme l’est la mienne ce samedi au lendemain d’une cinglante victoire, je vous souhaite de poursuivre comme il se doit l’aiguisement de vos couteaux !

 

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