L1 / Bilan : Bordeaux, une cuvée 2016 sans saveur

De retour sur la scène européenne cette saison, en raison de leur sixième place obtenue au cours de l’exercice précédent, les Girondins de Bordeaux souhaitaient initialement faire aussi bien pour cette Ligue 1 version 2015 / 2016. Un automne calamiteux aura cependant conditionné le restant de la saison du côté du Matmut-Atlantique.

 

Le parcours des Girondins de Bordeaux

 

Qui dit Europa League dit presque inéluctablement plaintes à propos du calendrier, surtout du côté de la Gironde. Et il ne faut pas attendre bien longtemps pour comprendre que la saison du club au scapulaire sera très longue en Ligue 1… et très courte en coupe d’Europe. Le ton de ce désastre ambiant est donné dés la première journée de championnat face au Stade de Reims (1-2), où -à domicile – les Bordelais se font renverser en toute fin de match sur deux buts coup sur coup.

Après une première victoire devant le FC Nantes (2-0), au bout de quatre rencontres de Ligue 1, suite à deux partages des points au préalable, les Girondins de Bordeaux enchainent à nouveau par une série de trois matchs sans succès avec deux nuls pour une cinglante défaite contre l’OGC Nice (1-6). Malgré quelques sursauts d’orgueil, comme le weekend suivant face à l’Olympique Lyonnais (3-1), les hommes de Willy Sagnol font trop souvent preuve d’inconstance pour espérer jouer les premiers rôles ou – a minima – figurer dans la première partie de tableau.

Présents à une seule reprise parmi les dix premiers tout au long de cette phase aller, les Bordelais sont quatorzièmes à la trêve avec un bilan de cinq victoires, huit nul et six défaites, pour un total de 23 points engrangés. Malgré cinq premiers mois compliqués, il est difficilement imaginable de voir Bordeaux tomber plus bas… et pourtant, grâce au mercato hivernal, cela sera possible.

Outre l’arrivée de Mathieu Debuchy et de ses baby-foot en défense, les hôtes du Matmut-Atlantique perdent gros sur le plan offensif en laissant partir Wahbi Khazri et, dans une certaine mesure, Henri Saivet. La grave blessure de Cédric Carrasso, courant janvier, rajoutera par ailleurs un peu plus de saveur à une saison qui ne manquait pas forcément de piquant en coulisses, avec les premiers accrochages entre Jean-Louis Triaud et Willy Sagnol pendant l’automne.

Entre le mois de janvier et le mois de mai, les Girondins de Bordeaux auront le droit à leur petite ‘Une’ mensuelle. Les boulettes répétées de Paul Bernardoni entre janvier et février, et des humiliations subies devant le LOSC (1-5), l’AS Saint-Etienne (1-4) et l’Olympique Lyonnais (0-3) dans le même laps de temps, l’accrochage Jérôme Prior – Lamine Sané début février – qui vaudra une mise à pied aux deux hommes au bout d’une élimination contre le FC Nantes en Coupe de France.

Au mois de mars, viendra le tour du licenciement de Willy Sagnol puis, dans la foulée, le dérapage d’Adam Ounas sur Periscope. En avril, un déplacement au Stade Vélodrome vaudra – indirectement – une couverture internationale à Bordeaux pour son nul face à l’Olympique de Marseille. Outre l’affaire André Poko et son maillot de l’OM, chicha à la main qui plus est, le mois de mai sera pour sa part marqué par une onzième place au classement final de la Ligue 1 version 2015 / 2016… presque improbable tant les Bordelais revenaient de loin au terme d’un hiver rocambolesque d’un point de vue extra-sportif.

 

L’homme de la saison : Willy Sagnol

 

La saison des Girondins fut un tel échec qu’un très large panel de joueurs ou dirigeants auraient pu avoir leur place dans cette catégorie. Si Willy Sagnol est le grand vainqueur, c’est d’ailleurs parce qu’il est à un poste situé entre le terrain et les coulisses. Du naufrage sur le terrain au fil des défaites aux résultats catastrophiques de la politique du club, il est finalement le plus exposé aux différents problèmes bordelais… sans forcément en être le principal responsable.

Entre les différents écarts de conduite de ses joueurs, les blessures à répétitions, un problème relationnel, des dirigeants sans direction… Willy Sagnol aura finalement eu le mérite de tenir jusqu’au licenciement sans jamais penser à démissionner, puisque abandonner ne fait pas partie de l’ancienne génération comme il le dira lui-même. Ses histoires de vaseline ne régleront par ailleurs aucun de ses problèmes au sein du club.

 

La punchline de la saison : « On n’a pas les mêmes moyens »

 

« Pour être clair, je lui en ai parlé (de l’interview, Ndlr). Je lui ai simplement dit qu’il est normal que tout entraîneur avec de mauvais résultats se pose ce genre de question. Mais tout seul, pas publiquement. S’il fait allusion à l’époque de Bez qui achetait tous les meilleurs joueurs, c’est sûr qu’on n’a pas les mêmes moyens.

Certes, on a perdu Khazri et Saivet, des joueurs importants. Mais autant que je me souvienne, ils étaient présents quand on en a pris six à Nice… On a recruté quatre joueurs dont le petit plus, en 24 heures, un international français, Debuchy. J’ai quand même l’impression qu’on a fait un effort significatif au mercato d’hiver en prenant des joueurs dont il souhaitait la venue. »

 

(02 mars 2016, Jean-Louis Triaud lors d’un entretien accordé à Sud-Ouest)

 

Le match de la saison : Toulouse FC – Girondins de Bordeaux (4-0), 30e Journée de Ligue 1

 

Il y avait le choix pour prendre le match qui résume le mieux la saison des Girondins. Et puisque les fessées ce n’est pas ce qu’il a manqué pour ces derniers au cours de cet exercice 2015 / 2016, autant prendre celle qui a laissé le plus de traces. Suspendu par la Ligue quelques jours plus tôt en raison d’une histoire de vaseline, Willy Sagnol aurait été bien inspiré d’en prendre un peu avec lui ce soir-là du côté du Stadium Municipal.

Alors que le Toulouse Football Club vient tout juste de changer d’entraineur, les Bordelais – dans l’apathie générale – restent sur une série d’une victoire en six rencontres, deux nuls et pour trois défaites, chacune par trois buts d’écart. Jusqu’à présent dans la course par l’Europe, en raison d’un manque de constance chez les concurrence, le club au scapulaire commence à regarder dans le rétroviseur en ce début du mois de mars.

Inexistants contre le TFC, aussi bien défensivement qu’offensivement, les Girondins de Bordeaux en prendront quatre dans le derby de la Garonne. Il s’agira de la dernière défaite de la saison pour Willy Sagnol, qui sera renvoyé dans les jours qui viennent. L’histoire ne dit pas si, en plus de ses indemnités, l’ex-coach bordelais a eu droit à un tube de vaseline pour se remettre comme il se doit de ces huit mois d’échec.

 

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