L1 / Bilan : LOSC, la remontée fantastique

Le mot d’ordre du LOSC est clair au cours de la précédente intersaison : reconquérir le public par le jeu. Fini les victoires petit bras de l’ère René Girard, dont les matchs n’ont d’ailleurs pas tous découlé sur un succès… loin de là, les dirigeants nordistes entendent faire preuve d’audace. Ces derniers décident ainsi de nommer Hervé Renard à la tête de l’équipe pour entamer ce nouveau cycle, arguant au passage vouloir imposer une vraie rupture avec le style défensif en misant sur un jeu tourné vers l’avant.

 

Le parcours du LOSC

 

Cette saison 2015 / 2016 débute comme la précédente s’était globalement déroulée. Un manque d’enthousiasme, un spectacle aux oubliettes, un jeu davantage lynché que léché et des résultats en dents de scie… La rupture initialement souhaitée avec la période René Girard est loin d’être un succès. Il faut en effet quatre matchs pour voir le LOSC marquer son premier but en Ligue 1 et autant pour assister à la première victoire nordiste (1-0 sur le Gazélec Ajaccio).

Avec seulement cinq points pris au compteur en quatre journées de championnat, on imagine difficilement Lille faire pire… mais comme rien n’est impossible, les hommes de Hervé Renard vont parvenir à ne prendre que deux petits points lors du mois de septembre, le tout en inscrivant seulement un but en quatre matchs.

Un brin plus clément, le mois d’octobre sera synonyme de spectacle pour les supporteurs du LOSC. Au bout de neuf rencontres, leur équipe réussit en effet à inscrire deux buts au cours d’une seule et même rencontre de championnat devant Montpellier (2-0). S’ensuit alors une nouvelle spirale négative de quatre matchs sans victoire, qui aura raison de Hervé Renard. L’ex-coach du FC Sochaux met fin à son aventure avec le club quelques jours après un match nul à domicile devant Bastia (1-1), avec un bilan de deux victoires, six nuls, quatre défaites… et une seizième place au classement.

Frédéric Antonetti est alors appelé à la rescousse. Les premiers effets du Corse tardent cependant à se faire ressentir. Le LOSC ponctuera le mois de novembre par un nul et une défaite, avant d’enchainer par trois succès consécutifs et un match nul en décembre. Tombés à la 18e place fin novembre, les Dogues termineront l’année civile au 11e rang.

La machine sera tout de même dure à remettre en marche au retour de la trêve hivernale. Le mois de janvier se conclura en effet par deux matchs nuls et deux défaites. Les coupes nationales offriront néanmoins un léger répit aux Lillois, qui se qualifient autre autre pour la finale de la Coupe de la Ligue après une fessée monumentale infligée aux Girondins de Bordeaux (5-1).

Encore légèrement enrayée, la mécanique lilloise reprend peu à peu des couleurs en février. Deux probants succès sur Caen (1-0) et Lyon (1-0) devant le public de Pierre-Mauroy permettent aux Nordistes de prendre leurs distances avec la zone de relégation… mais une claque du côté de La Mosson devant Montpellier (3-0) met un premier coup de frein à la perspective de rallier la première moitié de tableau pour la première fois de la saison. Ce coup derrière la tête sera toutefois l’ultime revers de la saison pour les Dogues en Ligue 1.

Au terme d’un automne calamiteux et d’un hiver compliqué, le LOSC revit avec l’arrivée du printemps et enchaine par six succès de rang. Si un calendrier favorable leur permet d’effectuer cette belle série, avec des victoires devant Reims (2-0) Bastia (2-1), Toulouse (1-0) ou encore Ajaccio (4-2), celles arrachées face au FC Nantes (3-0) et à l’AS Monaco (4-1) ne doivent rien au hasard.

Cette spirale positive permet aux hommes de Frédéric Antonetti de se mêler à la lutte aux places européennes. Malgré la défaite en finale de la Coupe de la Ligue face au PSG (1-2), l’objectif Europa League ne perd pas de son intérêt. Deux matchs nuls et deux victoires, dont une capitale devant l’AS Saint-Etienne (2-0) du côté de Geoffroy-Guichard pour la 38e et dernière Journée de Ligue 1, offriront aux Dogues une cinquième place au terme de la saison.

 

L’homme de la saison : Frédéric Antonetti

 

A l’instar du Toulouse Football Club, il est impossible de dissocier la réussite du LOSC à l’arrivée de son nouveau coach. En l’espace de vingt-cinq matchs de championnat à la tête des Dogues, le Corse a permis au club d’engranger 47 points… soit cinq de plus que l’OGC Nice et sept de mieux que l’Olympique Lyonnais sur cette même période.

Au plus mal après deux petites rencontres dans le Nord, puisque le club était relégable fin novembre, Frédéric Antonetti a su faire preuve de patience afin de tirer le maximum de son groupe. Un effectif, candidat au maintien affirmé à la fin de l’hiver, qu’il aura réussi à transformer en équipe européenne quelques mois plus tard.

Il est également l’homme qui a remis les Lillois sur de bons rails psychologiquement parlant, faisant notamment de Sofiane Boufal – simple soliste intermittent jusqu’alors – un joueur capable de tirer toute une équipe vers le haut.

 

La punchline de la saison : « Je suis venu pour le maintien »

 

« Je le répète depuis un moment, tant qu’on n’a pas neuf points d’avance sur le premier relégable, on ne peut pas regarder devant nous au classement. C’est la réalité. Si je suis venu au LOSC, c’est qu’il y a des problèmes. Ils sont là. Alors parfois, on les règle ponctuellement, parfois ça revient. Le LOSC joue le maintien, cela a le mérite d’éclaircir la situation.

Le LOSC a perdu l’habitude de se retrouver dans une situation précaire, c’est le cas aujourd’hui. Et les supporters ne comprennent pas car depuis une dizaine d’années, ce n’est pas le cas. Même si le club a un grand stade, des installations magnifiques, il faut admettre la situation. Il faut rebâtir une équipe, mais cela prend du temps. Je suis venu ici pour le maintien, je le sais depuis le début. Bien sûr, on a eu une bonne série en décembre, mais c’est un long marathon. On n’a pas de marge. »

(23 janvier 2016, Frédéric Antonetti suite à une défaite à domicile devant l’ESTAC Troyes)

 

Le match de la saison : FC Nantes – Lille OSC (0-3), 32e Journée de Ligue 1

 

Placer la victoire face à l’Olympique Lyonnais, l’AS Monaco ou l’AS Saint-Etienne aurait sans doute été plus prestigieux, mais c’est bel et bien face au FC Nantes que le LOSC a joué sa saison. Au-delà du résultat, le contexte est à prendre en considération.

Malgré leur longue descente aux enfers en fin de saison, les Canaris sont encore en lice pour une place européenne à cet instant de la saison et pointent devant les Lillois au classement. De leur côtés, les Dogues viennent d’enchainer trois succès de rang, ce qu’il leur permet de se stabiliser en milieu de tableau.

Au terme de cette rencontre, le LOSC élimine un concurrent aux places européennes mais se place surtout comme un candidat crédible pour l’Europe en revenant à deux petites longueurs de l’ASSE, 6e au classement à l’issue de cette 32e Journée de championnat.

 

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