L1 / Bilan : OM, voyage au bout de l’enfer

Il parait que la quatrième place de l’Olympique de Marseille acquise par Marcelo Bielsa la saison passée était une catastrophe industrielle. En comparaison, bien au-delà de la catastrophe précédente, cet exercice 2015 / 2016 de l’OM aura tout d’un véritable carnage, aussi bien sur le terrain qu’en coulisses. Retour sur dix mois de descente aux enfers.

 

Le parcours de l’OM

 

Il aurait été plus facile de ne rien écrire pour résumer le parcours de l’Olympique de Marseille cette saison, ou encore de se limiter à un seul mot : néant. Cela ne résumerait cependant que le parcours sportif du club alors que la majeure partie de la saison phocéenne s’est en réalité déroulée en coulisses. Et ce, de la 1re à la 38e Journée de Ligue 1.

La première, avec la démission de Marcelo Bielsa à la suite d’une défaite inaugurale face au Stade Malherbe de Caen (0-1). Dans sa lettre de départ, le coach évoquera des motifs qui resteront flous durant plusieurs jours… avant que le mystère autour de son choix, plus ou moins forcé par le clan de l’actionnaire majoritaire, ne soit finalement levé.

Derrière, Marseille connait son deuxième entraineur en deux matchs… pour autant de défaites. Michel Gonzalez prend alors la suite du court intérim de Franck Passi. Deux fessées monumentales, infligées à l’ESTAC Troyes (6-1) fin août et le SC Bastia (4-1) mi-septembre, suffiront à faire passer un brin d’éclairci dans une saison qui s’annonçait terrible avec le départ précipité de Marcelo Bielsa.

Les désillusions s’enchainent par la suite pour le club. Incapables de s’imposer à domicile, les Olympiens tenteront de grignoter ce qu’ils peuvent à l’extérieur. A la trêve, l’OM pointe à la dixième place du classement… un moindre mal au terme d’une première partie de saison peu convaincante. Pratiquement improbable sur le papier, la suite sera pourtant pire.

Le scandale du match aller contre l’Olympique Lyonnais, avec la potence pour Mathieu Valbuena et des jets de bouteilles de bière sur la pelouse, débouchera en effet sur une reprise en main des abonnements en virages par le club au coeur de l’hiver. Un voyage au bout de l’ennui sera par la suite organisé courant janvier à l’occasion de la venue de l’En Avant de Guingamp (0-0), match qui obtiendra au passage la pire note de l’histoire de Canal + pour une diffusion un dimanche soir.

Si les saisons passent, les semaines se suivent et se ressemblent pour l’OM. Le scénario des matchs est toujours le même : Marseille ouvre la marque mais craque dans la foulée ou alors prend le premier but et égalise miraculeusement par la suite. Un tirage au sort ‘à la parisienne’ aidera tout de même le club à aller jusqu’en finale de la Coupe de France après des luttes terribles contre Trélissac, Granville ou le FC Sochaux-Montbéliard.

L’espoir renait (très) légèrement au début du printemps. Quelques semaines après avoir ouvert la porte à la venue d’un investisseur minoritaire, Margarita Louis-Dreyfus annonce en effet la mise en vente officielle du club. Sur le terrain, la situation empire. Dans un premier temps conforté pour sa médiocrité avérée, Michel Gonzalez finira tout de même par être écarté au terme d’un ultime revers contre l’AS Monaco (1-2, 34e Journée) quelques jours avant une demi-finale capitale de Coupe de France devant Sochaux.

Franck Passi reprend la main et, hasard ou coïncidence, l’équipe se montre rassurante à la vue des statistiques puisqu’elle ne perd plus. Au-delà des statistiques, la réalité est tout autre. Malgré ce changement de coach, les joueurs ne mettent toujours pas un pied devant l’autre. Ils réussiront malgré tout l’exploit de remporter un match à domicile en Ligue 1 – ou plus exactement verront le Stade de Reims en perdre un… après seulement huit mois d’attente.

Retour à la réalité oblige, une treizième place au classement et une ultime fessée devant le Paris Saint-Germain en finale de la Coupe de France viendront conclure une saison au bout de l’ennui… ponctuée par une descente aux enfers.

 

L’homme de la saison : Vincent Labrune

 

« Impossible n’est rien » dit le slogan d’un célèbre équipementier à trois bandes… force est de constater que cette marque n’aurait pas pu trouver meilleur ambassadeur que l’Olympique de Marseille pour illustrer au mieux ces quelques mots lourds de signification. Au cours de cette saison, l’OM aura sans cesse repoussé les limites par l’intermédiaire de Vincent Labrune, dont les promesses servant initialement à apaiser les tensions se seront finalement retournées contre lui.

Après le départ de Marcelo Bielsa, il promettait un cador aux supporteurs pour prendre la relève d’El Loco. Si Michel Gonzalez s’est bel et bien fait remarquer à l’OM pour ces résultats, c’est davantage dans un sens négatif que positif.

Vincent Labrune promettait un attaquant… Marseille aura eu son joueur avec un petit retard de six mois à la livraison. Il réclamait par la suite de la tranquillité pour mieux travailler au mois de février, annonçait une troisième place puis (simplement) l’Europe au mois mars… avant de sous-entendre courant avril que l’OM irait chercher l’Europa League par le biais de la Coupe de France, en allant battre le PSG en finale.

Durant cette saison, le président olympien aura également eu un message particulier pour les « abrutis » qui annonçaient le pire dés le mois d’août, mais aussi lancé un avertissement envers les supporteurs en avril pour leur demander de la patience en vue de l’arrivée d’un nouvel actionnaire. En résumé, de tous les problèmes qu’il aura eu à régler, seul la reprise en main des abonnements en virage sera allée à son terme cette saison.

 

La punchline de la saison : « Je ne le souhaite pas à mon meilleur ennemi »

 

« Avec Michel, on est parti ensemble, on va finir ensemble. J’attends plus de lui, évidemment, et de son staff aussi car les joueurs sont d’un niveau bien supérieur aux résultats de l’équipe. Labrune démission ? Allez-y, pas de problèmes, je les comprends. Je ne souhaite pas à mon meilleur ennemi d’être président de l’OM ! Ceux qui ont envie de faire des règlements de compte, et bien à la limite, on les règlera plus tard.

Toutes les banderoles qui ont été diffusées ce (vendredi) soir l’ont été avec l’aval de la direction du club. La violence, la haine, je ne peux pas cautionner. C’est abracadabrantesque. L’enjeu, ce n’est pas la compétitivité de l’OM. L’enjeu c’est sa survie. Depuis quatre ans, je n’ai pas les moyens de faire ce que je veux dans ce club mais personne ne m’écoute ! L’OM a vécu au-dessus de ses moyens. On n’a pas d’argent. L’actionnaire a beaucoup investi et n’a plus envie d’investir dans le club. Je la comprends. Ma mission est de créer les conditions pour l’arrivée de nouveaux investisseurs. »

(18 mars 2016, Vincent Labrune suite à une défaite face au Stade Rennais FC)

Le match de la saison : Olympique de Marseille – Rennes (2-5), 31e Journée de Ligue 1

 

Dans une saison compliquée, il y a quelques hauts mais (surtout) énormément de bas. Lors de cette réception du Stade Rennais, l’Olympique de Marseille a très certainement touché le fond. Alors qu’une partie des supporteurs olympiens avait décidé de boycotter le début de la rencontre, en passant le premier quart d’heure hors de leur tribune, ils auront eu l’agréable surprise de voir leur équipe menée 3-0 à leur entrée dans les travées du Stade Vélodrome.

Après s’être plein d’une pression trop importante du public, les joueurs phocéens explosent littéralement dés le début de cette partie. Malgré un semblant de suspense avec un retour à 2-3, les hommes de Michel Gonzalez prendront à nouveau le bouillon pour s’incliner 2-5 à domicile.

Au mécontentement succèderont les moqueries trois semaines plus tard avec la venue des Girondins de Bordeaux au Vélodrome. Il s’agira de la dernière rencontre ouverte aux virages puisque les deux derniers matchs de l’OM à la maison s’effectueront dans le cadre d’un huis clos partiel.

 

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