Ligue 1 Itw : Mostefa (Bastia), « Le club a besoin d’argent »

Alors qu’il vient tout juste de prolonger son contrat avec le Sporting Club de Bastia, Mehdi Mostefa a accepté de répondre aux questions de Tribune Sports. De sa prolongation au passage à venir du SC Bastia devant la DNCG, en passant par un éventuel retour en sélection… le milieu de terrain bastiais s’est confié sans concession.

 

Quelles raisons vous ont poussé à prolonger votre contrat avec le Sporting Club de Bastia ?

En réalité, quand je suis arrivé, j’avais un contrat de trois ans. Le club m’a pris alors que j’avais une blessure au dos. J’étais bloqué et j’ai passé une IRM. Pour ne prendre aucun risque avec un joueur de mon âge, le président (Pierre-Marie Geronimi, Ndlr) m’a donc fait venir pour deux ans et une année en option selon le nombre de matchs disputés cette saison et l’évolution de la blessure. Après un début de saison compliqué, je suis bien revenu sur la deuxième partie. On s’est donc vu pour discuter en fin de saison pour lever l’option sur la troisième année, comme convenu au départ.

 

Avez-vous hésité avant de prolonger votre contrat avec le club ?

Il n’y a eu aucune hésitation. Le SC Bastia est un club familial, bien structuré, avec un bon groupe et un bon public. Ma famille aussi se sentait bien ici donc je n’avais vraiment aucune raison d’hésiter.

 

Pour passer à un thème un peu plus délicat, des informations ont récemment circulé concernant des dettes du club à hauteur de 13 millions d’euros. Avez-vous eu des garanties de la part de vos dirigeants à ce sujet avant de prolonger ?

13 millions d’euros de déficit… ça fait beaucoup quand même ! Pour être honnête, on (la direction) nous a dit qu’il y avait bien un déficit, comme dans beaucoup de clubs. Mais avec un déficit de 13 millions d’euros, on aurait fermé boutique depuis longtemps ! On nous a bien dit que le club avait besoin d’argent, mais pas pour un tel montant. On a gagné cinq places au classement sur la dernière journée de championnat, ce qui nous a fait beaucoup de bien. Le club espère quand même la vente d’un ou deux joueur(s) pour assainir les comptes.

 

 

« Bastia était relégué en Ligue 2 l’année dernière »

 

 

En interne, le club a-t-il tout de même des craintes par rapport à ce déficit et à une possible relégation administrative en Ligue 2 ?

De ce que j’en sais, pour en avoir discuté avec les anciens du club, c’est une situation habituelle ici. On sait qu’il y a des soucis mais comme dans beaucoup de clubs au final. On (la presse) parle de nous pour ça… C’est sûr qu’on aurait préféré entendre parler de nous pour d’autres raisons pendant la saison, mais c’est presque une habitude à chaque fin d’année. L’année dernière, le club était relégué en Ligue 2 le 15 juin avant de finalement être autorisé à jouer en Ligue 1. Espérons que ça se passera comme l’an passé et que nous serons en Ligue 1 pour la reprise du championnat au mois d’août.

 

Justement à propos du passé, la saison du SC Bastia a été marquée par l’éviction de Ghislain Printant cet hiver. Comment étaient ses rapports avec le groupe avant son départ ? Y avait-il des signes annonciateurs ?

Il n’y avait aucun signe. Il prenait beaucoup la parole avec les anciens. Ce qui nous dérange, c’est d’avoir entendu dire par la presse que les joueurs l’avaient mis dehors. Cela nous a surpris qu’on puisse parler de ce départ de cette manière. De ce que j’ai entendu, cela ne se passait pas comme la saison précédente… C’est vrai que son discours passait un peu moins bien mais de là à vouloir son départ, non. Au final, les dirigeants ont fait ce choix. S’ils l’ont fait, c’est peut-être parce qu’ils ont vu quelque chose qui nous avait échappé (aux joueurs, Ndlr).

 

Quel a été l’apport de François Ciccolini sur le groupe par la suite ?

François (Ciccolini), c’est un tout autre profil. On le connaissait en tant qu’adjoint. Il était très proche des joueurs mais il a pris du recul. Dés le départ, il a eu cette volonté de prendre ses distances avec les joueurs et il nous a dit qu’il continuerait en ce sens pour faire passer son discours. Il aime ses joueurs mais il est aussi très dur. C’est ce qu’il nous faut. Il nous fait beaucoup travailler tactiquement, surtout à l’extérieur où il nous demande de ressortir le ballon proprement. On a vu les premiers résultats sur cette fin de saison. C’est plutôt encourageant.

 

Pour en revenir au mercato, il y a de nombreux doutes autour de Julian Palmieri. Lui confiait ces dernières semaines qu’il souhaitait voir autre chose, derrière il n’a pas répondu à la proposition du club… Est-ce qu’il a fait part au groupe de ses intentions ?

Il nous a invité à un repas en fin de saison. On devait être une dizaine de joueurs. On a pris ça comme un pot de départ. Bastia, c’est le club de son coeur. Il est important pour le club mais s’il doit partir, le plus important est qu’il le fasse rapidement, pour le bien du club mais aussi pour lui. Aux dernières nouvelles, il partait. Je lui souhaite d’aller dans un club vraiment plus grand en cas de départ. Par contre s’il reste, nous serons aussi très contents. C’est un élément important du groupe et des joueurs aussi bons que lui à son poste en France, qui pourraient le remplacer à Bastia, il n’y en a pas beaucoup.

 

 

« La sélection ? Je viendrais si on m’appelle »

 

 

Par rapport à votre cas personnel avec la sélection algérienne, vous avez déclaré en janvier dernier que Christian Gourcuff avait ses hommes et que vous aviez plus ou moins tourné la page…

Ce que j’ai dit, c’est que Christian Gourcuff était parti sur un nouveau cycle.  J’ai arrêté la sélection après le Mondial en 2014, d’autres m’ont suivi et il devait donc repartir avec de nouveaux joueurs. Je n’ai pas eu l’occasion de le côtoyer. J’ai quand même été surpris qu’il parte alors que tout semblait bien se passer avec le groupe et qu’il y avait la Coupe du Monde en vue, qui est quand même un bel objectif… mais c’est son choix.

 

Son départ de la sélection peut-elle vous amener à réfléchir sur un éventuel retour ?

Je ne me pose pas plus la question qu’auparavant. Maintenant, si on m’appelle, je viendrais parce qu’une sélection ça ne se refuse pas. Mais je n’y pense pas vraiment aujourd’hui. Il y a beaucoup de jeunes joueurs qui peuvent apporter à la sélection. Et puis, finir sur un 1/8 de finale de Coupe du Monde face à l’Allemagne, ce n’est pas mal non plus !

 

Une question un peu polémique pour conclure. Certaines personnes ont laissé entendre que Bastia avait fait exprès de perdre le derby face au Gazélec pour tenter de les sauver. Qu’avez-vous envie de leur répondre ?

Franchement, on n’en a pas parlé entre nous. C’est très bête (comme idée, Ndlr), mais j’ai tout entendu là-dessus ! Comme quoi les dirigeants voulaient laisser le match, puis ce sont les joueurs qui l’auraient en fait décidé… j’ai vraiment tout entendu ! Notre état d’esprit était le même que d’habitude. On voulait gagner ce match. J’ai été dans la position d’Ajaccio par le passé avec différent clubs et on ne nous a jamais fait de cadeaux ! On a donc aucune raison d’en faire ! Cela fait plus de dix ans que je joue au football en tant que professionnel… je ne comprends pas qu’on puisse laisser filer un match . Qu’il y ait de la décompression une fois le maintien acquis, pourquoi pas, de là à faire exprès de perdre… Maintenant, si ça fait plaisir à ces personnes de le dire, tant mieux pour elles… mais au final, Ajaccio ne s’est pas sauvé quand même !

 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *