Polémiques : Aurier – Benzema, des similitudes que tout oppose

L’un et l’autre en pleine tourmente médiatique, Serge Aurier et Karim Benzema ne semblent pourtant pas bénéficier du même crédit auprès des acteurs du football français. Le premier s’est montré coupable de propos déplacés à l’encontre de ses coéquipiers et de son coach. Le second est actuellement en plein coeur d’une affaire judiciaire et risque cinq ans d’emprisonnement en raison de son statut de potentiel « complice de tentative de chantage ». Bien que le dossier du second soit plus lourd, c’est bel et bien le premier qui s’attire les foudres du football français.

 

Des insultes identiques aux résonances contradictoires…

A travers l’affaire Serge Aurier, on pourrait y voir un remake moins sordide de l’épisode Mathieu Valbuena – Karim Benzema. Celui d’un joueur qui insulte son coach de « fiotte », quand l’autre préférera traiter son coéquipier de « tarlouze ». Deux mots à la connotation semblable et explicite, qui semble pourtant sonner différemment aux oreilles de certaines personnes.

A commencer par celles de Jean-Michel Aulas. Alors que le président de l’Olympique Lyonnais incite les dirigeants du Paris Saint-Germain à sévir de manière exemplaire contre l’ex-Toulousain, en arguant que l’institution PSG se devait d’être forte, il a été le premier défenseur de son ancien attaquant, dont les histoires de vestiaires remuent à nouveau l’institution Equipe de France cinq ans seulement après le scandale Knysna.

Que JMA le veuille ou non, les deux protagonistes s’adressaient en langage familier à des proches au moment des faits. En principe, le doux surnom de « Tarlouze » délivré par Karim Benzema à Mathieu Valbuena ne devrait donc pas se transformer en insulte lorsque Serge Aurier renomme délicatement Laurent Blanc de « Fiotte ».

 

Des performances semblables qui ne se valent pas…

Même son de cloche du côté de Guy Roux. Si ce dernier a reconnu qu’il fallait outrepasser la justice afin de sélectionner Karim Benzema à l’Euro en raison de critères purement sportifs, il n’a pas hésité à réclamer « une peine de prison » pour Serge Aurier. Sa mémoire sélective semble néanmoins lui faire oublier que l’international ivoirien est un des maillons essentiels du Paris Saint-Germain depuis le début de la saison. Et que son influence dans le jeu parisien pourrait assez largement se comparer à celle de l’attaquant en Equipe de France, bien que les deux postes soient différents.

 

Deux délits similaires dont un seul est répréhensible…

Il en va de même pour Christophe Galtier. Bien qu’ayant encouragé les mises à pied respectives pour chacun de ces deux joueurs, le coach de l’AS Saint-Etienne a clairement encouragé le club de la capitale à mettre Serge Aurier « à l’écart » pour le bien de l’institution. Concernant Karim Benzema, l’intéressé espérait -en conférence de presse en décembre dernier- « qu’il puisse retrouver l’équipe de France, s’il est prouvé qu’il a été manipulé dans cette histoire ». Autrement dit, on oublie les insultes proférées envers un coéquipier dans un cas, quand dans l’autre ces mêmes insultes servent de preuves à charges.

Dans ces deux affaires, que tout rapproche si on excepte le volet judiciaire, on a pourtant bel et bien à faire à deux critiques virulentes envers des coéquipiers. Des personnes plus communément appelées collègues de travail dans le monde de l’entreprise.

A affaires égales, il faudrait donc demander à ces personnes pourquoi l’un des accusés serait blanchi alors que l’autre devrait être condamné à perpétuité. Pourquoi, à fautes semblables, deux verdicts diamétralement opposés devraient faire foi ? Que l’on se nomme Karim Benzema ou Serge Aurier, le traitement devrait en principe être égal pour une faute identique… que cela débouche sur une relaxe ou sur une condamnation.

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