Pro D2 : Pourquoi la nouvelle organisation du championnat est tout sauf une bonne idée

À l’issue de son assemblée générale, la LNR a adopté et communiqué ce samedi « une réforme du système de relégation-accession entre le TOP 14 et le PRO D2« . Dans les faits, seule une équipe de Pro D2 est désormais assurée de monter en première division, la deuxième devant passer par un barrage face au 13e du Top 14 (voir l’image en fin d’article pour plus de détails). Une nouveauté qui est loin de faire l’unanimité chez les supporters, mais aussi chez Tribune Sports. Voilà pourquoi…

 

Des matchs en plus…

Dès la saison 2017-2018, l’équipe finissant en tête du Pro D2 ne sera donc plus nommée championne de France d’office et devra passer par un système de phases finales, qui sera le même que ce qui se fait en Top 14 actuellement : des barrages pour les clubs classés de la 3e à 6e place, suivis de demi-finales et de la finale d’accession.

Si le vainqueur de cette finale aura (enfin) le droit de monter, le perdant devra jouer… un autre barrage, cette fois contre le 13e du Top14. Ingénieux non ? Sauf que, ce que la LNR a apparemment oublié de prendre en compte (pourtant, la Ligue prend d’habitude de si bonnes décisions…), c’est que le Top 14 et le Pro D2 ne comptent pas exactement le même nombre de rencontres dans la saison.

Le malheureux vaincu des phases finales de deuxième division aura donc 32 (voire 33) rencontres dans les jambes… contre seulement 26 pour l’équipe de Top 14 (on ne compte pas ici les rencontres de Challenge Cup étant donné l’investissement des clubs français – à quelques rares exceptions près – dans cette compétition). Une fatigue – physique mais aussi mentale – qui ne sera pas forcément compensée par le fait de recevoir cette rencontre pour le « petit poucet ».

 

Top 14, ligue fermée ?

À partir de 2018, il arrivera donc qu’un seul club de Pro D2 n’accède au prétendu « meilleur championnat du monde »… Cette nouvelle organisation va (malheureusement) restreindre de plus en plus les chances de monter, et le Top 14 pourrait alors devenir une ligue « fermée ». Se battre toute une saison et travailler d’arrache-pied pour, au final, se voir barrer la route de l’élite après avoir passé tant et tant d’étapes ? Pas convaincu… Sans compter que, si les équipes du bas de tableau se sauvent sur tapis vert comme ce fut le cas ces dernières années, le Pro D2 aura-t-il encore un réel intérêt ?

Second problème : une fois la montée acquise, il sera très compliqué de se maintenir dans l’élite pour le vainqueur du barrage final, surtout si le vainqueur en question est la formation de Pro D2, comptant évidemment sur son recrutement pour se mettre au niveau du Top 14. Ces dernières années, nombreuses sont en effet les équipes à s’être plaintes d’avoir laissé trop de jus dans la finale d’accession. « On a laissé beaucoup d’énergie l’année dernière et ce n’est pas en trois semaines de vacances que l’on peut recharger complément les batteries », nous expliquait le joueur de Mont-de-Marsan – finaliste malheureux en 2015 face à Agen – Sylvain Mirande en avril dernier.

Un leader pas forcément récompensé

Cette saison, les Lyonnais étaient assurés de terminer en tête et de monter dès le mois d’avril. Alors, certes, le fait d’être sacré si tôt dans la saison peut par la suite « fausser » le championnat. Avec cette nouvelle configuration, il est quasiment certain que tous les clubs joueront le jeu jusqu’au bout…

En revanche, le leader peut aussi tomber en demi-finale – comme ce fut le cas pour Clermont à Rennes il y a quelques semaines. L’équipe ayant dominé le championnat – et démontré pendant de longs mois son niveau pour gravir les échelons – pourrait perdre sa saison en 80 « petites » minutes. Brillant…

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avec N.B.

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