Reportage : EURO 2016, voyage au coeur de l’armée rouge

Après la victoire du pays de Galles contre l’Irlande du Nord samedi dernier, en 1/8 de finale de cet EURO 2016, notre correspondant Illtud Dafydd raconte son expérience vécue lors de ce match au Parc des Princes.

 

Il faut avant tout préciser, qu’en tant que Gallois, les grand succès sur un terrain de football ont été rares au cours de mes vingt-trois années d’existence. Ces victoires se résument à l’Italie en 2003 et contre l’Allemagne en 2002 ou quelques performances individuelles exceptionnelles par l’intermédiaire de joueurs tels que Craig Bellamy, Gary Speed ou plus récemment Aaron Ramsey et Gareth Bale. Dans le passé, l’idée de soutenir le pays de Galles n’a pratiquement jamais été motivé par l’espoir d’un quelconque succès.

Le weekend dernier, au milieu d’un rêve éveillé, j’ai vécu une autre expérience en suivant les Dragons, avec l’idée de voir cette équipe arracher une victoire importante au cours d’un grand tournoi. Tout cela aura commencé par un voyage aller de dix heures de Cardiff à Paris dans la journée de vendredi.

 

 

Une soirée de communion entre les peuples

 

 

On était cinq dans la voiture. Cinq Gallois qui voulaient être présents – par n’importe moyen – pour vivre ce match, cette expérience de toute une vie, afin de pouvoir clamer haut et fort “J’y étais”. Après un périple dans le tunnel sous La Manche, suivi des inéluctables problèmes de circulation sur le périphérique parisien, on arrivait enfin dans la capitale française… sur les coups de 21h.

Place de parking trouvé, on montait alors dans le métro direction Bastille. Les rues et les bars de Paris étaient plein à craquer, des supporteurs partout, des maillots rouges gallois présents à chaque coin de rues… cette soirée respirait le football ! L’occasion donc de boire quelques coups avec les fans anglais, mais aussi de chanter avec les Irlandais, sans pour autant oublier la raison de notre présence à Paris : les 90 minutes de football programmées le lendemain.

 

 

 

Du tourisme au fanatisme

 

 

C’est le grand jour ! C’est jour de match ! Pour le pays de Galles, celui-ci sera le premier à élimination directe depuis plus de 50 ans dans un tournoi majeur. Après avoir joué aux touristes pendant la matinée, passée à manger des croissants et à prendre des photos de la Tour Eiffel, puis une visite de la Fan Zone dans l’après-midi, le Parc de Princes nous a appelé !

Les rues autour de l’antre du Paris Saint-Germain étaient bouchées. Les maillots rouges affluaient, au même rythme que les bucket-hats (bobs, Ndlr). Et comme à chaque fois pour la plupart des  Gallois, l’angoisse se faisait ressentir au fil des heures, au gré des minutes et à l’approche de ce moment si particulier que représente un match de l’équipe nationale de football.

Du bruit, de la ferveur, une atmosphère unique règne au Parc des Princes cet après-midi là entre les Nord-Irlandais – leur chanson ‘Will Grigg’s on Fire’ et les maillots verts d’un côté – et nous de l’autre, les Gallois de l’armée rouge, avec notre hymne et nos chants mythiques. Un mélange formidable et idéal qui n’aura cessé de faire vibrer les tribunes.

Pourtant sur le terrain, la première mi-temps était loin d’être exceptionnelle. Quelques occasion pour les hommes de Michael O’Neill et un manque d’occupation de terrain pour les Gallois. Avec l’entrée en jeu de Hal Robson-Kanu et du milieu offensif Jonny Williams à 30 minutes de la fin, les rouges réussissent enfin à causer des problèmes à la défense nord-irlandaise. Le centre superbe de Gareth Bale amènera le seul but de ce match. Comme souvent, c’est un grand joueur qui aura répondu présent dans un grand rendez-vous. Lui qui a déjà marqué trois fois lors de cet EURO nous permet de rester en France !

 

 

 

Les têtes à Cardiff… les rêves à Paris

 

Sachant que nos héros étaient qualifiés pour les quarts de finale, c’est le coeur léger que s’effectuera ce retour au pays (de Galles), moins compliqué qu’à l’aller dans les têtes malgré des habituelles complications dans l’Euro-Tunnel. Ce moment restera longtemps gravé dans nos mémoires… et, qu’importe la suite, Galles restera à jamais dans l’histoire de cet Euro 2016.

Pour le reste, il s’agira de la Belgique, une  équipe déjà rencontrée pendant les matchs qualitatifs. Un match nul à Bruxelles, où la défense galloise faisait office de mur rouge, et une victoire à Cardiff – grâce à un superbe but de Gareth Bale – nous permettent plus que jamais de croire en un nouvel exploit.

La peuple gallois espère en tout cas que l’histoire se répétera à Lille contre la Belgique car nous voulons continuer de vivre notre rêve en France et, surtout, ne pas nous réveiller !

 

Illtud Dafydd

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