Top 14 – ST : Cette saison, le Stade toulousain aura de nombreux défis à relever

Alors qu’ils ont repris l’entraînement il y a un peu plus d’une semaine maintenant – rejoint ce lundi par les différents internationaux – les rouge et noir du Stade toulousain auront de nombreux défis à relever cette saison. La « succession » de Louis Picamoles, l’éclosion ou la confirmation de certains jeunes joueurs talentueux, en passant par la gestion des périodes de doublons notamment… Analyse.

 

Renouer (enfin) avec un titre

Cela fait désormais quatre ans que Toulouse n’a pas remporté le moindre titre, que ce soit en Top 14 ou en coupe d’Europe… Une période de vache maigre à laquelle les supporters rouge et noir n’ont pas été habitués ces dernières décennies. Car si le Stade toulousain avait connu sept années sans décrocher le Brennus au coeur des années 2000 (2001 à 2008), il s’était entre-temps adjugé à deux reprises la H Cup (2003,2005).

Partant de ce constat, le président René Bouscatel a envie de ramener un titre – voire deux – au balcon du Capitole. « Notre rêve reste de gagner les deux titres (Top 14 et Coupe d’Europe), notre ambition au moins un. Il faudra de toute façon faire mieux que cette année et au minimum atteindre les demi-finales du Top14 et les quarts de finale de la Coupe d’Europe, si possible à domicile », a-t-il expliqué dans les colonnes de La Dépêche du Midi. Des propos qui rejoignent ceux tenus il y a peu par Ugo Mola, qui affirmait lui sa volonté de retrouver le dernier carré du championnat.

 

Des départs à digérer… et à remplacer

Si Toulouse veut logiquement retrouver son standing, il va également devoir digérer certains départs, et non des moindres, survenus à l’intersaison. En effet, de nombreux joueurs majeurs ou emblématiques – ayant participé pour la plupart aux derniers succès stadistes – ont quitté le club : Vincent Clerc, Clément Poitrenaud, Louis Picamoles, Imanol Harinordoquy… « On nous a reproché une équipe vieillissante, il fallait la rajeunir, justifie Bouscatel. Nous n’avions pas suffisamment renouvelé l’effectif les deux saisons précédentes. Cette politique se poursuivra l’année prochaine afin de retrouver une rotation par poste, par âge et par complémentarité. Par ailleurs, il fallait rééquilibrer l’équipe à certains postes. On a fortifié la mêlée et la touche avec les arrivées de Van Dyk, Ghiraldini ou Gray ainsi que la vitesse avec Guitoune. »

 

Galan et Maka pour s’imposer

Ces départs vont également permettre à certains de s’imposer encore un peu plus. On pense en premier lieu à Gillian Galan – titulaire à neuf reprises la saison dernière en championnat – qui devrait s’installer au centre de la troisième ligne pour tenter de faire oublier le colosse Louis Picamoles, parti pour l’Angleterre. « Pour moi, Gillian Galan n’est pas là pour faire du Louis Picamoles, il est là pour faire du Gillian Galan, a néanmoins prévenu Ugo Mola sur le site du club. S’il le fait comme il a été capable de le faire sur la fin de saison, je ne suis pas très inquiet à propos du poste de numéro 8. On y croit beaucoup, mais c’est surtout lui qui doit se donner les moyens… Lui et les autres car on a au sein de l’effectif quatre 8 de métier :  Carl Axtens, Tala Gray, Piula Faasalele et Gillian Galan. On a les joueurs, mais se mettre dans la disposition de vouloir remplacer Louis Picamoles serait une erreur. »

Même tendance pour Edwin Maka. Avec la blessure de Patricio Albacete, le départ de Romain Millo-Chluski et la présence de Yoann Maestri sur la liste Élite du XV de France, le polyvalent deuxième ou troisième ligne aura forcément un coup à jouer. « Edwin est certainement l’un des plus gros potentiels que j’ai eu la chance de croiser, note Mola. Le problème d’Edwin, c’est que pour se stabiliser au haut niveau, il doit être capable de répéter les efforts et de répéter les matchs de premier plan. S’il s’en donne les moyens, il pourra jouer au Stade Toulousain sans souci, car il a les qualités. (…) On compte beaucoup sur Edwin. »

 

Attention aux doublons

Premier du championnat au mois de décembre l’année dernière, les Toulousains avaient ensuite déchanté durant la période de doublons, avec notamment une série de cinq matchs d’affilée sans la moindre victoire : une défaite à domicile face à Montpellier, des matchs nuls à Brive et face à Bordeaux à domicile… S’ils veulent faire mieux qu’une cinquième place, les rouge et noir devront mieux gérer cette période la saison prochaine. Certainement plus facile à dire qu’à faire, d’autant qu’avec la nouvelle convention, les six Toulousains présents sur la liste Elite seront encore plus accaparés par l’équipe de France.

La nouvelle convention, parlons-en. Cette dernière est en effet loin d’être appréciée du côté de Toulouse. « On applique un nouveau règlement en cours de saison, rétroactivement, alors que nous découvrons de nouvelles contraintes sportives et que nos effectifs sont clos. Nous sommes le club qui fournit le plus de joueurs internationaux et nous sommes les plus pénalisés. Avoir un international, dans le cadre de la convention, ce n’est pas un problème. Deux, ça passe, trois, encore, mais six ! Le problème est plus que décuplé« , peste Bouscatel. Le problème pourrait surtout se situer au niveau de la charnière, avec Jean-Marc Doussain et Sébastien Bézy qui figurent dans la liste. Les Toulousains scrutent donc toujours le marché pour se renforcer à la charnière, même s’ils ont récemment recalé un demi de mêlée australien. « Quand tu commences la saison dans à peu près un mois, et que les règles ne sont toujours pas définies… Je vous laisse vous faire votre propre analyse mais c’est vrai qu’on vit dans un monde un peu particulier », s’exaspère de son côté Mola.

 

Huget, de retour au top ?

Absent l’intégralité de la saison dernière suite à sa grave blessure au genou lors de la Coupe du monde 2015 en Angleterre, Yoann Huget effectuera son retour sur les terrains la saison prochaine. De quoi susciter l’enthousiasme des supporters… et son président. « Notre meilleur recrutement, ce sera peut-être Yoann Huget qui n’a pas joué depuis un an », espère René Bouscatel. Reste néanmoins à savoir quel sera le niveau de l’ailier (ou arrière) à son retour, lui qui n’a plus joué en Top 14 depuis le 6 juin 2015 et la défaite face à Clermont en demi-finale à Bordeaux, et qui devra très certainement enchaîner quelques rencontres avant de retrouver la pleine mesure de ses capacités.

 

 

Crédit photo : Stade toulousain

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