Trophées UNFP : Laurey / Moulin, des nominations diplomatiques ?

La liste des quatre candidats concourant au titre de ‘Meilleur entraineur de Ligue 1’ est tombée ce mercredi. Aux côtés des légitimes Laurent Blanc et Claude Puel viennent s’immiscer deux surprises puisque Thierry Laurey (Gazélec Ajaccio) et Stéphane Moulin (Angers SCO) voient en effet leur nom apparaitre sur cette fameuse liste.

 

Des choix (très) discutables

 

L’idée n’est pas de dire que seules les équipes classées dans le haut de tableau méritent de voir leur coach nommé pour ce genre de cérémonie. Reste néanmoins que le fait de voir Stéphane Moulin et Thierry Laurey dans une même liste peut tout de même paraitre surprenant. Au nom de quoi cette sélection est-elle réalisée au point de vouloir faire croire au grand public que ces deux entraineurs font partie de la crème de la crème de leur profession dans l’hexagone ?

A la limite, une cause est défendable : celle de Stéphane Moulin. Après tout, il est resté une demi-saison sur le podium avec Angers SCO. Malgré un jeu loin d’être flamboyant, il peut tout de même mettre en avant le fait d’avoir à sa disposition la troisième meilleure défense de Ligue 1. Concernant Thierry Laurey, à quoi est due sa nomination ? A deux bons mois réussis au cours de l’automne…

Dans ces cas-là, Frédéric Antonetti a tout autant sa place dans ce classement. En l’espace de six mois, il a fait du LOSC, concurrent à la relégation à sa prise de fonction, un candidat aux places européennes. Que dire de Frédéric Hantz, qui a lui aussi réussi une remontée fantastique avec le Montpellier HSC, ou de Jocelyn Gourvennec et de sa deuxième partie de saison tonitruante avec l’En Avant de Guingamp… Ou mieux encore, de Patrice Garande qui a lui aussi maintenu le Stade Malherbe de Caen durant près de six mois sur le podium, avec un jeu alléchant en prime.

 

Un nombre de candidatures (trop) limité

 

A défaut de mettre en avant les quatre meilleurs candidats au titre d’entraineur de l’année, cette liste met finalement en exergue l’instabilité dont a fait preuve un très grand nombre de clubs cette saison avec des changements de coachs à tout-va.

L’OL et Hubert Fournier, l’OM et Marcelo Bielsa puis Michel Gonzalez, Bordeaux et Willy Sagnol, le SC Bastia et Ghislain Printant, le Stade Rennais et Philippe Montanier ou encore plus récemment le TFC et Reims avec Dominique Arribagé et Olivier Guégan… Bref, en tout, ce sont treize entraineurs qui se sont vus signifier la fin de l’aventure avec leur clubs respectifs.

La liste des coachs ayant réussi à passer l’hiver est ainsi très restreinte. Hormis les quatre nommés, seuls Leonardo Jardim (AS Monaco), Patrice Garande (SM Caen), Sylvain Ripoll (FC Lorient), Jocelyn Gourvennec (EA Guingamp), Michel Der Zakarian (FC Nantes) et Christophe Galtier (AS Saint-Etienne) sont parvenus à sauver leur tête tout au long de la saison.

 

Une double nomination politique

 

En optant pour Thierry Laurey et Stéphane Moulin, au détriment de Patrice Garande ou Jocelyn Gourvennec, force est de constater que ce n’est pas le beau jeu qui a été privilégié. Pour ce qui est du football spectacle, les nominations de Laurent Blanc et de Claude Puel occupaient de toute façon la moitié des places disponibles.

Laurey et Moulin, c’est donc avant tout le choix du Gazélec Ajaccio et d’Angers SCO… deux clubs de ‘la France d’en bas’ footballistiquement parlant. Cela reste ainsi un moyen de représenter les petits, deux promus qui plus est, aux côtés de l’ogre parisien et du pétillant club azuréen. Quitte à coucher deux noms qui n’ont pratiquement aucune chance de l’emporter, autant mettre en avant l’éclectisme de la Ligue 1 avec deux petits aux valeurs et aux objectifs bien différents des mastodontes de l’hexagone.

Plus que d’un point de vue sportif, c’est donc davantage politiquement – au nom de la diversité footballistique – que Thierry Laurey et Stéphane Moulin ont acquis leur place dans cette fameuse liste des prétendants au titre de ‘Meilleur entraineur de Ligue 1’. Un critère contestable certes, aux yeux de certains, mais qui a au moins le mérite d’apporter une légère ouverture d’esprit dans ce genre de cérémonies… où tout est souvent joué d’avance.

 

 

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